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Pascal Racan continue à chercher des rôles

BRUXELLES L'homme qui a tué neuf fois Dracula donne ses rendez-vous à la Mort Subite, son quartier général. Bistrot de Bruxelles où il a pris l'habitude de venir mémoriser ses rôles. À voix basse... Pascal Racan incarne donc le professeur Van Helsing dans ce Dracula qui tient l'affiche de Villers-la-Ville cet été. Le 4 août, il donnera sa 200e représentation dans les ruines de Villers. "Avec neuf spectacles !" C'est pour cela que lorsqu'on lui demande si, en 2008, il sera aussi dans l'aventure du prochain spectacle, Le Bossu, il répond : "On dit toujours : jamais neuf sans dix. Mais, aujourd'hui, on ignore encore quelle en sera la distribution".

Pascal Racan doit être, en ce moment, le comédien belge de théâtre le plus célèbre. Son compte en banque cependant n'est pas celui d'une vedette française ordinaire : "Un Français, ça vient se produire à Bruxelles pour un cachet de 8.000 euros. Nous en sommes loin. Mais le problème n'est pas l'argent. On a l'impression que la Belgique se refuse à reconnaître un comédien qui a une carrière de plus de trente ans. Je ne parle d'ailleurs pas qu'en mon nom. Il y en a d'autres. Si l'on prend nos aînés, Jacques Lippe, Jean-Pierre Loriot, Christiane Lenain, il ne se passait pas une semaine, de leur temps, sans qu'une pièce filmée soit diffusée à la RTB. Les comédiens entraient dans les foyers et ça leur assurait une popularité. Ces gens-là ne pouvaient pas circuler en rue sans être reconnus."

Ça ne vous arrive jamais ?

"Quand même ! Mais moi, je continue à aller à la pêche aux rôles, à la recherche des metteurs en scène, des directeurs de théâtre et leur faire savoir mes libertés. Bien sûr, je joue beaucoup et les gens pensent que je suis pris tout le temps. Eh bien non ! Mais ce qui m'énerve un peu, dans la reconnaissance de ce métier, en Belgique, c'est la politique des prix. Avant, il y avait les Eve du Théâtre remises par un jury de journalistes et la télévision se déplaçait. Prochainement, on va remettre je ne sais plus quel prix. Je ne sais pas qui est dans le jury mais j'ai vu la liste des nominés et, moi, je ne connais personne dans cette liste. Je suis d'accord avec l'idée d'encourager les jeunes. Mais..."

À quoi rêviez-vous quand vous aviez 20 ans ?

"Je comptais partir à Paris ! Ma situation familiale m'a conduit à faire le choix de rester ici. Je ne m'en plains pas. Mon hobby, dans la vie, c'est le théâtre et j'ai la chance d'en faire mon métier. C'est relativement rare."

Ce théâtre français qui vient se produire en Belgique ne peut-il pas être une publicité pour le théâtre belge ?

"C'est un autre public. Le théâtre belge peut vivre par lui-même. Le Théâtre des Galeries était à la limite de la faillite. Un nouveau directeur est arrivé, David Michels. En proposant du théâtre de divertissement, il a ramené le public : de 2.000 à presque 10.000 abonnés ! Pour les 50 ans des Galeries, il avait programmé un Cyrano de Bergerac avec 38 comédiens sur scène, six maquilleuses, cinq décors, une dizaine de machinistes. Ce fut un succès complet. À mon avis, le spectacle n'a pas été amorti. Mais c'était une idée intelligente car le public est venu et a vu que le théâtre, ça n'était pas si désagréable que ça."

Vos projets après Dracula ?

"En septembre, aux Galeries, la pièce de Laurent Ruquier, Si c'était à refaire. Pour les fêtes, L'emmerdeur, dans la nouvelle version écrite par Weber. Après, je mets en scène mon épouse, qui est comédienne, dans un monologue. Ce sera au Jardin de ma soeur, une salle de cinquante personnes. Croyez-moi, dans des lieux pareils, on n'a pas les mêmes cachets que les vedettes parisiennes."



© La Dernière Heure 2007