"Dumbo", "Les Aristochats" seront précédés d’un avertissement sur la nouvelle plateforme de streaming Disney +.

Les valeurs de la société actuelle ne sont plus les mêmes que celles de l’époque où sont sortis les premiers dessins animés Disney. Certains personnages des films de notre enfance présentent en effet des caractéristiques jugées racistes et sexistes à l’heure actuelle. C’est le cas notamment des chats siamois dans "Les Aristochats", qu’on représente avec des baguettes, des yeux plissés et un accent présumé asiatique. Ou encore des corbeaux dans "Dumbo", qui ont régulièrement été dénoncés pour faire référence aux lois de ségrégations raciales dans le sud des États-Unis.

C’est pour ces raisons que Disney +, la nouvelle plateforme de streaming du géant de l’animation a décidé de prendre des mesures. Si certains sites internet ont dans un premier temps parlé d’une suppression des passages ou personnages concernés, il n’en sera rien. Par contre, un avertissement écrit précédera certains films. Ce dernier précise que les films "sont des produits de leur temps et peuvent contenir des préjugés raciaux qui étaient courants dans la société américaine à l’époque où ils sont sortis dans les salles de cinéma. Ces représentations n’étaient pas justes et ne le sont pas plus aujourd’hui."

Un trop grand décalage

Disney + a donc opté pour un avertissement plutôt que pour une modification des œuvres "parce que supprimer les représentations reviendrait à dire qu’elles n’ont jamais existé", précise l’avertissement.

L’initiative de la plateforme est jugée positive par Sarah Sépulchre, professeure à l’école de communication de l’UCLouvain et spécialiste des séries. "Si les films sont trop racistes ou sexistes, ils deviennent difficiles à regarder à l’heure actuelle. Disney a tout intérêt à se questionner là-dessus. Les éléments de la culture populaire sont connectés à la société et à l’époque dont ils sont issus. Aujourd’hui, on ne peut pas accepter qu’un Disney soit complètement raciste car il y a un trop grand décalage avec la société", analyse-t-elle.

Selon elle, les représentations datées de certains films ont un réel impact sur les personnes qui les regardent. "Si on voit sans cesse des images d’héroïnes fines et blanches, ça véhicule un message. Et que dire des femmes âgées, qui sont inexistantes en dehors des personnages de sorcières maléfiques ? Ces films montrent aux petites filles qu’elles doivent être jolies si elles ne veulent pas être assimilées à une méchante. Que dire encore des petits garçons noirs ? Ils sont tout simplement absents."

Dix millions d’abonnés en 48 heures

Il ne faisait pas l’ombre d’un doute que le lancement de Disney + allait cartonner. Mais pas de là à imaginer qu’en 48 heures à peine la nouvelle plateforme allait générer 10 millions de demandes d’abonnements. C’est pourtant ce qui est arrivé alors que “seuls” les États-Unis, le Canada et les Pays-Bas sont servis. Disney impute d’ailleurs les quelques problèmes techniques survenus lors des premiers pas de sa plateforme à une demande supérieure aux attentes.