Divers Stéphane de Groodt publie un nouveau livre, Le livre de la jongle. On y retrouve sa signature : un humour travaillé grâce aux contorsions du vocabulaire français.

L’humour et les jeux de mots (parfois très pointus) de Stéphane de Groodt sont les ingrédients de son nouveau livre paru chez Plon, Le livre de la jongle. Tel un Mowgli de la langue française (le pagne en moins), il se lance d’expressions françaises en expressions absurdes avec une aisance déconcertante.

Le livre de la jongle, c’est une analyse personnelle d’expressions françaises. Comment est née cette idée de les revisiter ?

"En fait, j’ai toujours fait ça. J’ai toujours essayé de réinventer des choses, déjà au moment de File dans ta chambre , j’aimais m’amuser avec ça. Ici, on a pris des expressions courantes de la langue française."

Vous aviez établi une liste d’expressions préalablement choisies ou c’est une compilation de celles qui vous venaient au fil du temps ?

"J’avais fait une liste d’expressions. Je l’ai passée en revue et en les lisant, parfois, l’inspiration venait vite. On a travaillé avec mon co-auteur, Christophe Debacq. On a aménagé les choses, on a fait un tri. Et, quand le travail est fait, je demande à ma femme de lire l’ouvrage à voix haute, près de moi. Comme ça, je peux m’assurer de la sonorité des mots également."

Ça ne fatigue pas trop votre femme et vos filles toute cette gymnastique du langage qui sort de votre bouche ?

" (Rires) Je garde tout ça pour moi-même. Je le formule pour moi. Je me contiens au quotidien sinon ce serait épouvantable !"

Vous sortez votre livre et une bande dessinée, Qui ne dit mot, dont vous avez signé le scénario. On ne vous attendait pas dans ce registre.

"J’aime bien le fait qu’on ne s’y attende pas. J’aime surprendre les gens et me surprendre. Je ne suis pas Shakespeare. J’aime chercher et travailler les mots. Pour la bande dessinée, on est venu me chercher. Plus précisément Yannick Lejeune. Je lui ai proposé un texte que j’avais écrit pour un court-métrage. Il m’a montré une première planche et puis, c’est parti sur un album. C’était intéressant de confier mes expressions à un dessinateur, Grégory Panaccione. Le travail ne se limitait pas à deux mains."

Le livre de la jongle, Stéphane de Groodt, Ed. Plon.


Paris et Bruxelles, ses belles

Stéphane de Groodt vit à Bruxelles. Il travaille la plupart du temps à Paris où, dit-il, "professionnellement, c’est là que ça se joue". Il est évidemment très touché par les tragiques attentats qui ont endeuillé Paris et les descentes et autres assauts à Molenbeek.

Vous avez un pied Paris et l’autre à Bruxelles…

"Oui, je suis partagé entre Paris et Bruxelles. La France, c’est mon pays de cœur et de l’esprit. La Belgique, c’est mon pays. C’est là où j’ai grandi, l’endroit où je vis. Ce sont deux pays qui m’accueillent."

N’est-ce pas trop difficile de faire rire à Paris et Bruxelles en cette période difficile ?

"Je ne veux pas faire rire à tout prix. Je ne suis pas de cette école de personnes qui pensent qu’on peut rire de tout. Je suis de ceux qui pensent que si on rit de tout, on ne rit de rien. Pour moi, le rire se conserve dans un écrin. Je me sens très solidaire des Français, nos voisins."