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Dans Rompre, son dernier livre, Yann Moix écrit "ce sont les phrases d’un homme qui se suicide à l’aveu". 

"On devrait d’ailleurs, quand on est écrivain, passer son temps à se suicider à l’aveu. La plupart des choses que l’on avoue sont insupportables aux autres. Soit parce qu’ils estiment qu’on n’a pas le droit de dire ça. Soit parce qu’ils pensent qu’on n’a pas le droit de le penser. Les écrivains sont là pour faire le travail que personne ne fait : se suicider à la vérité. Il faut un certain courage pour dire les choses. À chaque fois qu’une phrase subversive est dite à la surface de cette planète, elle émane très souvent d’un écrivain. Les choses énormes et épouvantables, pour eux, c’est juste continuer à faire leur travail. Dans un livre, on accepte un peu. Dans des entretiens, on ne l’accepte pas du tout. Pourtant, on n’a pas à être différent dans un livre que dans une interview, par exemple. Parfois, dans les entretiens, on dit des choses qu’on n’a pas mises - parce qu’on n’y a pas pensé - dans un livre."

Serait-ce un peu le cas avec toute la polémique dans laquelle il a été plongé, après avoir dit, dans Marie-Claire, que le corps des femmes de 50 ans lui était invisible ? "Ça ne me regarde pas, ce ramdam, dit-il avec sincérité. La parole que j’ai prononcée me concerne, mais pas tout ce qu’il y a eu autour. Je ne suis pas concerné par ce que je pense : ce sont les autres qui le sont. Que je sache, je n’ai pas inventé le temps qui passe, ni la destruction des corps ni le travail du temps sur les chairs… Et je n’ai rien à enlever à ce que j’ai dit. Non seulement je l’assume, mais je le revendique. Peut-être que j’ai exagéré : j’aurais dû dire les filles de 22 ans, 25 est déjà assez âgé…"