Battlefield 1  : la guerre, la vraie, totale

À quelques jours de la sortie du rival Call Of Duty : Infinite Warfare (ce 4 novembre), on a désossé Battlefield 1. Qui fait de l’anti COD, en revenant aux racines de la guerre : 14-18. Et en redonnant au solo ses lettres de noblesse

Battlefield 1  : la guerre, la vraie, totale
©Télé DH

À quelques jours de la sortie du rival Call Of Duty : Infinite Warfare (ce 4 novembre), on a désossé Battlefield 1. Qui fait de l’anti COD, en revenant aux racines de la guerre : 14-18. Et en redonnant au solo ses lettres de noblesse.

C’est l’une des grandes incohérences du jeu vidéo. Alors que la saga Assassin’s Creed (entre autres) a récemment prouvé que planter les racines d’un jeu triple A sur un parterre parsemé de notre histoire réelle pouvait être largement successfull; alors que le genre du FPS (First Person Shooter, alias jeu de tir à la première personne) est de loin la plus rentable commercialement parlant; presqu’aucun titre, jusqu’ici, n’avait pris pour toile de fons la Der des Ders, la Grande Guerre de 14-18. Des shooters uchroniques ou futuristes, dopés aux armures high-tech, et aux bases antiaériennes à pointeurs laser, ça, il en pleut par dizaines dans nos rayons.

Mais un vrai bon jeu immersif, déployé en solo et en multi, à la direction artistique chiadée, au gameplay efficace, inspiré de la Première Guerre Mondiale ? On cherche encore. Enfin, on a fini de chercher. Battlefield 1, nouveau bébé développé par Dice et édité par Electronic Arts, a enfin eu la double audace de :

1 Remettre le nez dans nos livres d’histoire.

2 Remettre le mode Solo, dans un FPS à très gros potentiel commercial, à l’avant-plan. Si Dice a, à de multiples reprises, fait étalage de sa maestria en matière de modes multi, soyons sérieux : les modes solo des derniers Battlefield n’étaient là que pour le nombre où ceux qui manquent cruellement d’exigence.

À moins d’une semaine de la sortie de Call Of Duty : Infinity Warfare (ce 4 novembre), rival qui prend cette année une direction parfaitement opposée à la ligne historique de Battelfield 1, que vaut l’ambitieux titre de Dice ?

Le solo

Dice a opté pour un prisme multiple : celui de conter le conflit depuis 5 perspectives géographiquement et idéologiquement très différentes, découpées en chapitres. Les hostilités débutent par le contrôle d’un nobody, aux manettes d’un tank anglais, aux alentours des forêts de Cambrai et Amiens. L’occasion pour nous, joueurs francophones, de jouer la guerre sous un angle neuf : dans nos régions, avec une architecture (totalement destructible) et des infrastructures (chemins de fer, rues,…) qui nous parlent. La campagne solo et ses war stories nous mèneront aussi dans les pas d’un mitrailleur italien au sommet des montagnes transalpines; dans le sillage poussiéreux du désert de Lawrence d’Arabie, face aux forces ottomanes au Moyen-Orient; à l’assaut d’une base aérienne allemande, en tant que pilote britannique parti défier le Baron rouge, et on en passe, des Vosges à Gallipoli. Autant de cartes postales scénaristiques d’une à deux heures qui disent la guerre comme elle se déroula : salement, sans sentiments, sans héroïsme. Vous êtes un jeune quidam, parti au front parce qu’il le fallait bien, et qui n’en reviendra pas. Les cinématiques ont beau appuyer, ci et là, sur le bouton de l’esprit de camaraderie et de la solidarité, il n’y a pas d’happy-ending ici. Pas d’Américain va-t-en guerre parti faire la nique aux Russes ou aux Chinois tout seul comme un grand.

Cette véracité dans la narration, nouvelle, est réjouissante à plus d’un titre. Couplez-la à une réalisation artistique et graphique à tomber par terre, et vous obtenez là une expérience qui rend franchement à Dice ses lettres de noblesse en matière de campagne solo. D’autant plus que le gameplay est, lui aussi, plutôt novateur : vu que l’époque impose aux développeurs un respect de l’arsenal réellement utilisé en 14-18, oubliez les arbalètes à vision nocturne, les lance-roquettes à tête chercheuse portative : ici, on se bastonne au gaz moutarde, au revolver à verrou, à la mitrailleuse à cadence limitée et viseur foireux, à la baïonnette. Cela change totalement le rapport de distance de combat que nous entretenons avec le genre FPS : Battlefield 1, est, forcément, un jeu de combats rapprochés, de courte portée. Et c’est frais.

Le multi

Cette dernière remarque ne s’applique pas nécessairement au multi, ultravarié. Sur des cartes telles que Empire’s Edge, Monte Grappa et St Quentin Scar (et ses tranchées !), ceux qui ne jurent que par le sniper auront de quoi faire. L’utilisation de snipers que BF1 parvient à dynamiser, en mettant en place un système de reflet, qui impose au joueur campeur de bouger, au rythme de se faire trop vite repérér.

9 maps, 4 classes (Assaut, Médic, Support, Pilotes) et un paquet de modes, des essentiels aux plus novateurs. On retrouve ainsi l’impératif mode Conquête, avec ses empoignades géantes (jusqu’à 64 gamers), mais aussi les modes Rush, Domination et Team Deathmatch, qu’on ne présente plus. En revanche, côté originalités, notez le mode… Pigeons de Guerre, dérivatif du classique “Capture de drapeau”, où les joueurs doivent s’emparer d’un pigeon messager de guerre, le maintenir suffisamment longtemps, et le relâcher sans que les opposants ne zigouillent le volatile en plein vol. Pourquoi pas, même si le plat de résistance réside dans le mode Opérations : une sorte de mini-campagne multi, sur plusieurs maps, en plusieurs secteurs, qui va satsfaire les amateurs de parties multi longue-durée et de consistance.

Le verdict

Bref et concis : fidèle à l’esprit de la Grande Guerre (pas forcément aux détails de l’histoire, mais ce n’est pas le contrat), efficace sur son gameplay, surprenant dans sa narration, impeccable dans sa réalisation (le moteur graphique Frostbite 3 fait des étincelles), bluffant dans ses décors, dense sur son multi, solide sur son solo, BF1 est sans doute le meilleur Battlefield de l’histoire.

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