MAFIA III nous a mis le blues

Magnifiquement écrit, superbement mis en scène dans la Nouvelle-Orléans post Vietnam, le GTA-like mafieux se loupe sur l’essentiel : il oublie d’être un open-world qui varie les plaisirs et s’encroûte dans une répétitivité crasse

A.Ca.
MAFIA III nous a mis le blues

Magnifiquement écrit, superbement mis en scène dans la Nouvelle-Orléans post Vietnam, le GTA-like mafieux se loupe sur l’essentiel : il oublie d’être un open-world qui varie les plaisirs et s’encroûte dans une répétitivité crasse.

Oubliez le romantisme de Vito Scaletta, la pègre italienne, le New York (Empire Bay, en fait, dans le jeu) des années 1940. Six ans après sa dernière itération, la saga Mafia de 2K nous revient avec un troisième opus, ma che ! , qui déménage à la Nouvelle-Orléans et son bayou des sixties, sous fond sonore bluesy. Mais toujours avec cet impératif de vengeance. Le jeu, open-world qu’on compare souvent à GTA, zeste de maestria en moins, tient-il la distance ?


Un prologue du feu de Dieu

Dans les premières heures de jeu, cent fois oui. Contrat clairement rempli. Lincoln Clay, l’avatar qu’on incarne, orphelin issu d’une mère portoricaine et d’un père blanc, est de retour du Vietnam. Dans une Amérique où le racisme fait rage, notre musculeux et violent héros cherche à retrouver des proches, membres de la mafia black de la ville de New Bordeaux, inspiration très fidèle de New Orleans. Bémol : ses proches se font zigouiller par la mafia italienne de Sal Carmano. Et le désir de vengeance, parallèle à celui d’étendre son emprise sur la ville, qu’il ne manquera pas de mettre à feu et sang, de s’installer et se développer…

Notre héros, sorte de resucée de Lou Ferrigno (l’emblématique Hulk de la série du même nom) déborde de charisme et la scénarisation de ses déboires est profondément travaillée. Les cinématiques, qui s’étaient déjà révélées très alléchantes dans les teasings, sont bluffantes et la DA du titre envoie clairement son petit pâté. Le réalisme de l’époque (le sud des States, en 1968, où la ségrégation fait rage) est magnifiquement rendu, les dialogues bien écrits et voilà un bail qu’un jeu n’avait pas réussi à développer des enjeux et une personnalité aussi denses autour de ses protagonistes (même secondaires).

Côté gameplay, 2K nous avait promis de rendre crédible l’infiltration. Oubliez. Les opposants (donc l’IA) sont d’une stupidité sans nom, incapables de vous voir alors que vous vous trouvez devant eux, prêts à les égorger. En revanche, pour ce qui est des fusillades, les sensations sont là, tandis que la conduite dans la ville est plutôt grisante, surtout sur un fond sonore de Hendrix ou de Creedence Clearwater.


Une irritante répétitivité

Toutefois, le défaut majeur de Mafia III n’est pas son IA. Mais bien son irritante répétitivité. Le bémol, c’est que dans ses premières heures de jeu, son prologue, en fait, Mafia III excelle. Malgré une approche alors très encadrée et truffée de cinématiques, il accroche le joueur à son pad. Malheureusement, lorsqu’il commence à être un open-world, il oublie d’être un jeu et se vautre dans une fainéantise assez incompréhensible. En résumé, Mafia III consiste à conquérir des districts tenus par vos adversaires. Mais toujours selon le même canevas : interrogatoire, mise à sac d’un bar clandestin ou d’un trafic, jusqu’à attirer l’attention du chef de district, pour mieux lui faire mordre la poussière. Encore, encore et encore…

Mafia III est donc un excellent jeu scénarisé. Mais un open-world d’une vacuité terrifiante, là où GTA, son rival hors-catégorie, fourmille de contenus. Au final, un jeu YouTube, plus qu’un vrai open-world avec plein de trucs variés à faire.

Dommage, le potentiel était là, il n’y avait qu’à se baisser…


Mafia III

  • Sorti le 7 octobre 2016
  • Disponible sur PS4, Xbox One et PC
  • Développé par Hangar 13 Games et édité par 2K Games
  • Prix d'achat : 54,95 euros

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