L'année 2020 aura été un tournant pour bien des acteurs économiques mondiaux. De pertes en faillites, on ne compte plus aujourd'hui les entreprises en difficulté financière provoquée par la pandémie qui nous touche depuis plus d'un an maintenant.

La FIFA n'a pas été épargnée par ce fléau puisqu'à la vue de son rapport financier 2020 publié cette semaine, la Fédération a enregistré l'année passée un chiffre d'affaires de "seulement" 266,5 millions de dollars, soit une diminution de 65% par rapport à 2019 !

© FIFA

La raison principale de cette énorme perte vient de l'arrêt de certaines compétitions et du passage à huis clos des quelques rescapées. Cette métamorphose (forcée) du football actuel a entrainé une baisse des recettes provenant notamment de la billetterie mais également des droits de retransmission télévisée.

En revanche, la FIFA a pu compter sur l'explosion des jeux vidéo et de l'esport durant cette période difficile pour atténuer quelque peu ce déficit. En effet, grâce à la vente de licences (principalement à EA Sports, l'éditeur de la simulation de football FIFA), cette dernière a pu consolider la moitié de son chiffre d'affaires habituel.

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En effet, plus de 158 millions de dollars ont été amassés grâce aux jeux vidéo ! Ce qui en fait, pour la première fois de son histoire, le poste de rentrée le plus important de la FIFA ! Mais attention, cette constatation vient uniquement du fait de la diminution des autres postes à cause de la pandémie ! Il est donc important de remettre ce résultat en perspective.

Ceci dit, et ce n'est évidemment pas un scoop, les jeux vidéo et le sport électronique ont fait partie des secteurs les moins impactés par la crise. Mais de là à dépasser le sport traditionnel, qui plus est le football, en termes de rentrée financière pour la FIFA, c'est tout simplement historique !

EA Sports en est le grand instigateur avec son titre FIFA et ses nombreuses licences utilisées dans le jeu. Championnats, joueurs, maillots, stades, ... autant de noms et d'utilisations achetées au prix fort à la Fédération Internationale de Football Association. Mais les compétitions esportives telles que la FIFA eClub World Cup, la FIFA eContinental Cup et d'autres tournois ont également pu profiter de ces licences et donc générer des rentrées.

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C'est en fait tout ce qui tourne autour du nouveau projet FIFAe qui a alimenté cette source de revenu. Gianni Infantino, actuel président de la FIFA, n'a d'ailleurs pas tardé à sentir le bon coup et à chouchouter sa nouvelle poule aux oeufs d'or. "La FIFA et d’autres fédérations internationales ont réalisé des investissements importants dans ces nouveaux secteurs afin de faire participer les jeunes à des versions virtuelles de notre sport" a-t-il déclaré.

Cette conclusion pourrait changer pas mal de choses pour les années à venir concernant la scène esportive mondiale. Si la FIFA et d'autres organismes majeurs du sport traditionnel commencent à se rendre compte, grâce à des chiffres financiers concrets et attirants, du potentiel du sport électronique dans leurs domaines respectifs, les lignes pourraient bouger dans le futur, tant au niveau compétitif qu'organisationnel et politique !