D’une inspiration artistique rare, Gris est indéniablement la pépite indé de la fin d’année 2018.

C’est dans un état d’abasourdissement extrême que nous a laissé Gris. Dès les premières notes, nous comprenons que notre fragilité émotionnelle va être mise à rude épreuve. Les musiques sonnent juste et prouvent avec finesse que quelques notes suffissent parfois à retranscrire subliment un ressenti. Les frissons ne tardent pas à se profiler sur notre peau et nous prophétisons déjà que oui, Gris restera inoubliable.

Avec son cachet artistique d’une beauté sans pareille, ses animations salvatrices, Gris assume ses choix. Chaque couleur thématique résonne comme le miroir d’un état émotionnel humain, de la dépression, au deuil jusqu’à l’acceptation. Ces sentiments subtilement retranscrits à l’écran sont tous sujets à l’interprétation. Le joueur ne ressentira pas forcément la même émotion que son voisin. Nul doute que le voyage ne laissera aucune âme de marbre.

Les idées de gameplay reposent essentiellement sur des énigmes simples à résoudre, et ce, grâce à un game design exemplaire. Les résolutions sont limpides et ne nécessitent aucune aide. Pas d’essoufflement dans ces idées puisque Gris ne dure que 3-4 heures.

Mélancolique, majestueux, admirable, les qualificatifs sont innombrables pour un jeu abordant avec inspiration des thèmes durs. La fibre artistique des joueurs ne pourra qu’être révélée à l’aube d’un voyage touchant. Avec Gris, la sphère vidéoludique prouve encore une fois que les jeux vidéo méritent le statut de 10e art. Poignant, Gris se positionne incontestablement comme le jeu indépendant de l’année au côté du magistral Celeste.