"Nous suivons attentivement les faits préoccupants reprochés à Pierre Ménès car nous sommes très vigilants sur le comportement de nos athlètes et de nos partenaires. Compte tenu de ces éléments, nous examinons activement la suite de sa relation avec EA SPORTS", a indiqué l'éditeur américain sur l'un de ses comptes Twitter.

Canal+ était accusée lundi d'avoir censuré un documentaire sur le sexisme dans le journalisme de sports pour protéger son chroniqueur Pierre Ménès, les passages le mettant en cause dans deux affaires d'agressions sexuelles ayant été coupés de la version finale, selon le site Les jours.

Contactée par l'AFP, la chaîne s'est refusée à tout commentaire.

Diffusé dimanche sur Canal+, le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", de Marie Portolano, ancienne journaliste maison en partance pour M6, retrace plus de 40 ans de lutte pour la parité dans ce secteur très masculin, entre regards condescendants, remarques sur le physique voire harcèlement.

De Nathalie Iannetta à Clémentine Sarlat en passant par Estelle Denis, de nombreuses journalistes ont témoigné au micro de la co-réalisatrice, elle-même victime d'agression sexuelle, selon les Jours, de la part de Pierre Ménès.

En août 2016, à la fin d'une émission du "Canal Football Club", le chroniqueur lui aurait soulevé sa jupe avant de lui attraper les fesses, "hors antenne mais face au public", affirme le média en ligne.

L'autre affaire concerne sa consoeur Isabelle Moreau, embrassée de force sur la bouche par Pierre Ménès pour "fêter" la centième, en 2011, du Canal Football Club, une scène visible sur les réseaux sociaux.

Un des passages a été finalement diffusé lundi soir dans l'émission "Touche pas à mon poste" sur C8 (groupe Canal+), qui recevait Pierre Ménès.

"On ne me reprendra jamais à faire des choses comme ça", a-t-il affirmé, tout en estimant que depuis l'émergence du mouvement "#Metoo, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire".

Depuis lundi, les réactions indignées pleuvaient sur les réseaux sociaux notamment affiliés au mot-clé #PierreMenesOut.

Le parquet de Nanterre, qui avait ouvert une information judiciaire du chef de "harcèlement moral" le 16 décembre 2020 à la suite d'un dépôt de plainte de son ancien assistant Emmanuel Trumer, n'a pas reçu d'autres plaintes contre Pierre Ménès.