L’agencement des pièces d’un puzzle débouche parfois sur des représentations inattendues. Dans le cas de Netflix, tout commence par des résultats trimestriels en deçà des attentes. “Seulement” quatre millions de nouveaux abonnés lors des trois premiers mois de 2021, au lieu des six espérés, et à peine un supplémentaire en vue pour le trimestre suivant. Des résultats positifs, mais la courbe fléchit nettement.

Dans le même temps, la plateforme de streaming annonce 17 milliards de dollars d’investissement dans ses programmes en 2021. Soit le même montant qu’en 2020, en forte hausse par rapport aux années précédentes (12 milliards en 2018 et 15 milliards en 2019). Avec des projections de dépenses allant jusqu’à 26 milliards de dollars à l’horizon 2026.

Le tout pourrait s’accompagner d’un changement de stratégie. Les séries qui ont le mieux marché cette année, comme Qui a tué Sara ? (55 millions de vues), Ginny&Georgia (52 millions), Firefly Lane (49 millions) ou Cobra Kai (45 millions) se sont fait battre par des films : Outside the Wire (66 millions), Yes Day (62 millions) ou I Care a Lot (56 millions).

Mais le plus gros changement pourrait venir des jeux vidéo. Le Chief Operating Officer de Netflix, Greg Peters, s’est fendu d’une déclaration lourde de sens : “Nous essayons de comprendre les différentes façons dont nous pouvons augmenter et approfondir notre base de fans et les jeux constituent un élément vraiment intéressant. Il peut s’agir de ‘gamifier’ une partie de la narration comme nous le faisons interactivement avec Bandersnatch -et nous continuerons- ou en lançant des jeux dans le cadre de nos efforts de licence et de marchandising -et nous sommes satisfaits de ce que nous avons vu. Il ne fait aucun doute que les jeux seront une forme importante de divertissement et un moyen important pour approfondir l’expérience des fans, donc nous allons continuer.”

Le divertissement préféré de la généraion Z

Comme par hasard, voici quelques jours, une enquête de Deloitte révélait que les jeux vidéo constituent le divertissement préféré de la génération Z (née entre 1997 et 2010) : 36 % les plébiscitent, loin devant la musique (14 %), le surf sur internet (12 %) ou les réseaux sociaux (11 %). Regarder un film ou une série n’arrive qu’ensuite, avec à peine 10 % des réponses.

Toutes les pièces du puzzle sont emboîtées pour imaginer le tableau hypothétique de l’avenir…