C'est une saga qui a marqué le monde vidéoludique qui tire sa révérence : Pro Evolution Soccer, alias PES, c'est terminé. C'est ce que Konami, éditeur japonais du titre depuis 20 ans (et davantage si on remonte aux années ISS du titre), a annoncé hier. Licence puissante dans le coeur des fans, qui garderont en mémoire leurs parties endiablées avec Merseyside Red (Liverpool) ou le club Ile-de-France (Paris Saint-Germain) avec Pauleta en front d'attaque, PES comptait sur l'inventivité sans faille des développeurs pour renommer les joueurs sans licence officielle (Ruud Voom Mistelroum, Naldarinho, Roberto Larcos, Sylvain Wiltordu, Backham,...). Que dire de La Ligue des Masters avec Mininda et Castolo, ou encore de l'Inter absolument injouable entre PES 4 et PES 6, avec un Adriano totalement cheaté (99 en tirs) et un Obafemi Martins d'une vitesse hallucinante... 
© DR
 

Au-delà de ces moments de jeu iconique, à l'époque où PES était indéniablement un meilleur jeu de foot (sur l'aspect simulation) que FIFA, on se souviendra du réalisme et de la qualité que proposait le titre sur le pré vert (donc loin des menus austères à modifier avec une pop japonaise mémorable). Une qualité que de nombreux fans préfèrent encore, à l'heure actuelle, au caractère ultrarapide des derniers FIFA. Toutefois, le rival d'EA Sports a totalement écrabouillé son opposant nippon sur le plan du contenu, proposant un nombre de modes de jeu stratosphérique tout en étant, sous licence officielle, pléthorique en terme d'effectifs et de ligues. Qui plus est, Konami n'a malheureusement pas particulièrement réussi son tournant next-gen...

Cette balance penchant terriblement du côté de FIFA dans la guerre commerciale, ainsi que la tendance de fond de la "Fortnisation" du jeu vidéo a poussé Konami à revoir sa copie en enterrant donc PES, pour mieux revenir, dès cet automne 2021, avec un nouveau jeu de foot : eFootball. L'excellente nouvelle : il sera gratuit. Embrayant sur le phénomène du "game as a service", à l'instar du prochain Assassin's Creed dont l'accès sera lui aussi offert, eFootball offrira donc un accès de base à tous les joueurs, en cross-plateformes. Bien entendu, des contenus payants, in game, seront régulièrement proposés : le e de eFootball fait d'ailleurs furieusement penser au € de Euro...
© DR


Cela veut dire que Konami rompt avec le modèle de l'annualisation également : eFootball sera un méga contenant régulièrement mis à jour, il n'y aura pas d'eFootball 2021 puis d'eFootball 2022. Pour la sortie du titre, qui a bénéficié de l'expertise de joueurs comme Iniesta ou Piqué, c'est Neymar qui s'affichera fièrement sur la jaquette (virtuelle, le jeu étant gratuit et donc dématérialisé).


Fifa, de son côté, à choisi le conservatisme. Il restera fidèle à l'annualisation, et deviendra donc le seul jeu de foot (majeur) payant du marché.  Pour Fifa 22, dont Kylian Mbappé trustera la jaquette, EA annonce l'arrivée de la technologie HyperMotion sur consoles Next-Gen (les onze joueurs sont modélisés en même temps, plutôt qu'un par un, histoire de s'approcher encore plus du réalisme des vrais terrains), de nombreuses animations seront revues tandis que la physique de balle sera également repensée. Vers un aspect, enfin, moins "ballon de plage" ? Réponses dans quelques semaines.