Jeux vidéo La première incursion de l’égérie (moustachue) de Nintendo sur écosystème mobile fait déjà un carton.

Mario Goes Mobile. Une vingtaine de millions de possesseurs de smartphones ont reçu, tard ce jeudi, la notification tant attendue qu’ils avaient sollicitée, et leur informant que le jeu Super Mario Run était enfin disponible pour leur appareil mobile.

Cette arrivée sur écosystème mobile du plombier moustachu, accro aux champis et aux princesses blondes à sauver, est sans doute un événement majeur dans l’histoire de Nintendo.

Jusqu’ici, le fier emblème du Big N, Mario, ne s’animait qu’à partir d’une machine pensée et vendue par Nintendo. De la NES à la Super NES en passant par les Gamecube, N64, DS et autres Wii. C’est donc la première fois que Mario s’engage sur un terrain étranger. Cette impérieuse transition mobile, que Nintendo semble convaincu de vouloir enfin emprunter, permet aux plus optimistes d’envisager un avenir radieux. Il n’est pas improbable, selon eux, que Super Mario Run soit téléchargé plus de 50 millions de fois, durant le seul premier mois de son exploitation.

Il avait fallu plus d’un mois à Niantic (excroissance de Google), développeur pour The Nintendo Company d’un petit jeu estival intitulé Pokémon Go, pour convaincre la même masse critique… alors que Pokémon Go est multi-plateforme, et surtout gratuit.

Or, Super Mario Run est une exclusivité de l’environnement iOS (iPhone, iPad, iPod). Qui se prive donc, forcément, d’atteindre 70 % des smartphones du monde. Qui plus est, si le téléchargement de l’appli est gratuit, de même que les trois premiers stages de l’aventure, le jeu exige ensuite de se délester de 9,99 € pour poursuivre les aventures du frangin de Luigi. Pas d’achats in-app, pas de bonus ou de vies à s’offrir ici et là, mais un unique droit de passage de 10 € pour avoir accès à l’entièreté du titre.

L’app a en tout cas commencé sa vie en fanfare : elle était première de l’App Store, hier, dans 62 pays. Un succès dans lequel s’engouffrent, comme trop souvent, les plus malhonnêtes, qui feignent de faire croire aux utilisateurs de smartphones Android qu’il existe bien un Super Mario Run sur Android. Sauf qu’il n’en est définitivement rien, et que le prétendu apk à télécharger comporte en réalité un malware qui ne demande qu’à infecter votre mobile…

Nintendo a déjà confirmé que son jeu paraîtrait sur Android, mais pas avant 2017, et à une date qui n’est pas encore connue.

© DR

Super Mario Run vaut-il 10 € ? Notre test

Oui, et trois fois oui. Bien entendu, 10 € pour une app, c’est énorme. Mais Super Mario Run n’est pas une app, c’est un jeu, un vrai de vrai. Qui aurait pu se monnayer 39 € s’il était paru sur 3DS (et doté de quelques niveaux de plus). On y retrouve les mécanismes typiques d’un Mario classique, sa (non) trame scénaristique, ses décors, tuyaux, pièces à collecter, boss et drapeaux à saisir en leur point le plus culminant à chaque fin de stage. Seul important changement de dynamique : ce Mario-ci, mobile oblige, se joue à une main. Il s’agit d’un runner, où, par défaut, Mario court tout le temps. Il est capable d’enjamber les obstacles (et, c’est nouveau, les ennemis) automatiquement, mais exige un tapotement d’un doigt sur l’écran pour sauter. Une autre panoplie de mouvements (vrille, style…) doit encore être domptée. L’équilibre est ici presque parfait, entre accessibilité pour le grand nombre et technicité pour les plus gamers. Décliné autour de 6 mondes, chacun composé de 4 stages (pour son seul mode principal), Super Mario Run est un vrai Mario, digne du label Nintendo, et non une vulgaire app vendue avec un skin Mario.

© DR