Liaison avec le Roi Léopold II : la légende de Cléo de Mérode

Il y a des légendes qui sont tenaces. Celle la liaison de Cléo de Mérode et du roi Léopold II en fait partie.

Liaison avec le Roi Léopold II : la légende de Cléo de Mérode
©D.R.

Parution de la biographie "Cléo de Mérode, icône de la Belle Époque" sous la plume de Yannick Ripa.

Le 27 septembre 1875 voit le jour à Paris Cléopâtre-Diane de Merode, fille de la baronne Vincentia de Merode, issue de la branche autrichienne de la famille princière originaire du Hainaut. Le père serait le comte Konstantin Theodor de Domba, un diplomate autrichien qui ne reconnaît pas le bébé.

Aidée financièrement par sa famille qui possède le château de Mödling, la baronne de Merode mène une vie aisée dans la capitale française où l’on ne sait pas bien si elle est veuve ou divorcée. Cléopâtre-Diane est scolarisée chez les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. C’est à cette époque qu’avec d’autres condisciples, elle suit les cours de petit rat à l’Opéra de Paris.

Adolescente, elle est devenue ballerine. Cléopâtre-Diane de Merode se transforme en Cléo de Mérode avec un accent sur le "e". Ses fins traits, sa minceur et son style bien à elle, en font une star de son époque. Elle se coiffe avec deux bandeaux sur les cheveux, ce que l’on appelle la coiffure "à la Mérode". Ses cheveux cachent toujours ses oreilles.

Il semble que la seule rencontre entre le roi Léopold II et Cléo de Mérode date de 1895 lors d’un passage du souverain au Palais Garnier. Habillée pour le besoin du spectacle en égyptienne, elle attire le regard du roi qui souhaite la féliciter. Ils échangent quelques mots de circonstance, surtout lorsque Léopold II comprend qu’elle fait partie de la famille de Merode. Les caricatures très féroces de l’époque du roi des Belges vont associer Cléo à la vie sentimentale mouvementée du roi alors qu’il n’y a jamais eu la moindre liaison entre eux.

Cléo de Mérode est une danseuse qui vit de sa renommée grâce à son style bien à elle mais qui n’est pas non plus une grande danseuse étoile. Son passage aux Etats-Unis se soldera d’ailleurs par un échec professionnel. Elle n’est pas une maîtresse entretenue.

Elle est immortalisée sous les pinceaux de Degas, Boldini ou encore Toulouse-Lautrec. En 1934, elle met un terme à sa carrière et donne désormais des cours de danse classique et de maintien à des jeunes filles de la haute société.

En 1950, Simone de Beauvoir publie "Le deuxième sexe". Elle y décrit Cléo de Mérode comme une cocotte soit une mondaine entretenue par un riche amant. Le sang de Cléo ne fait qu’un tour. Elle assigne Simone de Beauvoir au tribunal qui la condamnera à verser un franc symbolique. Cléo réclamait 5 millions de francs. Le passage en question fut retiré du livre. Simone de Beauvoir confiera qu’elle pensait que Cléo de Mérode était morte depuis longtemps…

Elle s’éteignit en octobre 1966. Elle repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Un monument funéraire est posé sur sa tombe. Il est l’œuvre du sculpteur espagnol le marquis Luis de Périnat qui fut son amant avant qu’elle ne mette un terme à leur relation après une infidélité.

Passée à la postérité comme l’une des nombreuses conquêtes parisiennes du roi des Belges, Cléo de Mérode était à l’opposé de cette réputation toute faite : une femme de principes, de valeurs et d’émancipation.

Cléo de Mérode, icône de la Belle Époque, Yannick Ripa, Tallandier, 2022, 336 p.

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