Livres/BD Laissant là la fiction, l’auteur américain réfléchit, dans White, sur le monde tel qu’il va.

Dans White, son dernier livre, paru en mai dernier, Bret Easton Ellis se souvient que, dans les années 80, alors qu’il était un tout jeune auteur - il venait de publier Moins que zéro, en 1985 - il ne sortait jamais autrement qu’en costume. Un dress code qui semblait être celui de tous les jeunes New-Yorkais de sa condition et dont il sourit en coin aujourd’hui. De fait, en 2019, l’auteur a remisé au placard veste et pantalon Armani pour arborer un polo où déambule un crocodile et un survêtement noir à trois bandes blanches. Une manière comme une autre, sans doute, de dire que du décorum et des déguisements, il n’en a plus rien à foutre. Pas plus que des critiques et de toutes ces petites choses qui, autrefois, auraient pu flatter son ego.

Après Paris et avant Nancy, la tournée promotionnelle façon rock star de l’écrivain, aujourd’hui âgé de 55 ans, passait dimanche par Bruxelles. Où nous l’avons rencontré, rieur et affable. "Quand j’avais 30 ou 32 ans, cela me semblait beaucoup plus glamour qu’aujourd’hui. Je vous assure que ça n’a rien d’une vie de rock star", sourit-il. "Vous êtes plutôt solitaire, vous ne vivez pas avec un groupe… Mais je suis tellement plus vieux désormais ! Je l’ai dit à l’attachée de presse : je vais faire le show, ensuite, je vais avoir besoin de manger et puis… j’irai me coucher. J’avoue, il m’est arrivé, quand je faisais ces tournées, de participer aux lectures puis d’aller prendre quelques verres et de me demander où j’allais trouver de la drogue. Parce que je voulais faire la fête ! Évidemment, je restais éveillé toute la nuit et pourtant, j’étais en pleine forme le lendemain. Aujourd’hui, rien qu’à l’idée, je suis fatigué."

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