Cela aurait dû se passer chez Drouant, comme chaque fois depuis 1914. Las!, le coronavirus aura eu raison de la remise du Prix Goncourt 2020. Pourtant, jusqu'au dernier moment, les membres de l'Académie y ont cru, espérant que les librairies - et la culture au sens plus large - ne feraient pas les frais d'un deuxième confinement, en France. Leurs espoirs ont été douchés, jeudi soir, par l'annonce du Premier ministre Jean Castex: les commerces non-essentiels devront garder porte close. Donc aussi les librairies. Au mieux pourront-elles organiser des services de livraison ou de click and collect.

"Il est hors de question que le Goncourt, un des prix les plus prescripteurs du monde, ne serve pas les libraires, maillons essentiels de la vie du livre, actuellement mis à mal par la crise", nous a confié Eric-Emmanuel Schmitt, membre de l'Académie présidée par Didier Decoin. "Si nous l’annonçions à la date prévue, seuls la grande distribution et les plateformes bien connues diffuseraient le roman. Chaque année, les librairies ont besoin du Goncourt. Nous ne leur ferons pas un enfant dans le dos. Et nous engageons les autres grands prix à faire de même."

Un "appel" qui a été suivi puisque tous les prix majeurs ont été postposés, à l'exception du Médicis et du Fémina.