Livres/BD Dans Moins 125 (Cherche Midi), Guy Carlier raconte son combat contre la boulimie, sans fard et sans détours.

Il a longtemps été considéré comme le flingueur du PAF. De ceux qui vous taillent un costard, oui, mais avec élégance et humour. Quand d’autres se contentent d’aboyer et de mordre, lui caresse avec des mots qui sont autant d’aiguilles remplies de venin. Pendant des années, à la radio, pour Stéphane Bern ou en télé pour Marc-Olivier Fogiel, Guy Carlier a trempé sa plume dans l’acide et on en redemandait. Lui profitait des oreilles et du regard bienveillants d’un public qui n’attendait que ça : se foutre de la gueule d’un invité, mais avec le sourire. Enfin, on le regardait, on l’enviait, on l’aimait. Mais une fois la porte du studio refermée et celle de son appartement passée, une fois l’armure retirée, il ne restait de ce personnage bravache qu’un corps vide d’amour qu’il mettait une énergie folle à remplir de bouffe.

Moins 125, le livre qu’il vient de publier au Cherche-Midi, raconte comment, avec l’aide d’un homme qu’il a pourtant regardé de haut, lui aussi, Guy Carlier a échappé à la mort. Rencontre.

En lisant ce livre, on se dit que vous avez beaucoup hésité avant de vous lancer…

"C’est vrai, j’avais d’autres projets. Mais à la base, ce que j’aime, c’est écrire. Je ne veux plus être le sniper. Je n’avais pas vraiment de projet d’écriture dans ce sens-là ; j’étais à Europe 1, l’an dernier, où j’avais une chronique quotidienne dans Rien ne s’oppose à midi, l’émission de Matthieu Noël. Ce qui veut dire bosser toute la journée pour ça, vous ne faites rien d’autre ! J’y ai pris énormément de plaisir mais c’est une année où je n’ai rien fait d’autre. Comme je tenais absolument à écrire mon nouveau spectacle, j’ai pris une année ‘sans radio’. Et puis, je suis allé dîner chez Jean-Michel Cohen, le nutritionniste, qui est devenu mon ami et, au cours de ce dîner, il m’a dit qu’il y a une douzaine d’années, je faisais partie du Top 5. Je lui ai demandé ce qu’était le Top 5 et il m’a dit qu’il n’y avait pas plus de cinq personnes de 55 ans, en France, qui pesaient plus de 250 kilos."

Ça a été un électrochoc ?