Ils sont fous, ces Gaulois. Deux ans après avoir sauvé la fille de Vercingétorix des griffes des Romains, loin de revendiquer le départ à la retraite à 62 ans, voilà qu’Astérix et Obélix repartent sur les routes. Non pas pour se dorer la pilule au soleil, mais pour partir à la conquête de l’Est, au pays des Sarmates, un peuple de cavaliers nomades habitués au grand froid. Tout ça parce qu’en rêve, Panoramix a reçu un appel télépathique d’un vieil ami, Cékankondine.

"Astérix et Obélix ont déjà visité de nombreux pays, mais cette fois, c’est très différent", explique le scénariste Jean-Yves Ferri, abandonné en pleine promo par son dessinateur qui "a pris un coup de froid", Didier Conrad. "Les pays froids, c’est assez nouveau. C’est un peu notre Tintin au Tibet à nous. Cette fois, on les envoie dans une vaste région, qui inclut l’Ukraine et une partie de la Russie, à laquelle nous avons ajouté des inspirations venues de Mongolie. On ne sait pas grand-chose des Sarmates, si ce n’est que c’était le peuple le plus éloigné de Rome d’après Hérodote ou Tite-Live."

En point de départ d’Astérix et le Griffon, on retrouve ce bon vieux Jules César. "Pour des raisons politiques, il pense que capturer le Griffon, cette créature mythologique mi-aigle mi-lion, et l’amener à Rome renforcera son pouvoir. Ce n’est pas un animal gentil et fantastique comme pour le Loch Ness, mais le symbole, le totem d’une culture. Cette fois, les Romains ne sont pas peureux, mais conquérants, dans une ambiance de western enneigé. Un eastern, quoi… Ils sont emmenés par un trio : le centurion Dansonjus, le venator (un gladiateur spécialisé dans le combat d’animaux) Jolicursus et le géographe Terrinconnus (caricature de Michel Houellebecq, ndlr), qui est un peu l’intellectuel de la bande."

Outre l’inversion des E dans leur langage, les Sarmates présentent la particularité d’avoir des noms se terminant en "ine". "Cela crée des confusions amusantes, car pour les Gaulois, le "ine" est féminin : Bonemine, Iélosubmarine..."

Ce périple aux accents écolo, "qui revisite notre époque avec un regard de l’Antiquité" tout en mettant particulièrement Idéfix en valeur, tiré à cinq millions d’exemplaires, sort le 21 octobre en librairie. Par Toutatis, encore dix jours à attendre...