En 2010, déjà, les éditions Plon publiaient un Dictionnaire amoureux de de Gaulle, né de la plume de Michel Tauriac, contemporain et admirateur du général. Décédé en 2013, le journaliste et écrivain n’a pas pu proposer une autre version de son livre pour l’anniversaire que nous célébrons cette année.

C’est donc à un autre fin connaisseur de la politique mais également à un homme à la plume élégante que l’on a fait appel pour signer ce Dictionnaire amoureux du Général : Denis Tillinac. Lui ne l’a pas côtoyé (en revanche, il fut proche de Chirac), mais il vit passer de Gaulle dans sa DS, une fois, quand il était enfant. Une image qui l’a marqué durablement puisqu’il consacre à la voiture une entrée dans cet opulent dictionnaire. “Les apparences plaident pour l’obsolescence de de Gaulle. Elles sont fallacieuses”, écrit-il en avant-propos. “Dans son moment, déjà et au long de son action, il détonnait : un médiéval égaré chez les “modernes”. En vérité, ce ténébreux échappe à la temporalité – donc à l’anachronisme -, et de sa geste, il y a une leçon à tirer, la seule qui vaille pour une âme impatiente de s’éprouver afin de mériter l’estime de soi.”

Une plume superbe, donc, qu’il met au service, tour à tour, de personnages – Mitterrand, Debré, Napoléon et même Tintin -, de lieux – Colombey, Oxford, le Mont Valérien ou encore le Petit-Clamart, où de Gaulle faillit perdre la vie – mais également de concepts et d’idées – Dieu, la gloire, la légitimité.

C’est peut-être à la petite Anne (1928-1948) qu’il consacre les mots les plus émouvants. “Le drame intime qui voilera l’âme du Général d’une tristesse inguérissable”, écrit-il. Face à la tombe, le jour des funérailles, Charles dira à Yvonne, son épouse : “Maintenant, elle est comme les autres”…

Denis Tillinac est décédé le 26 septembre dernier.