L’Académie Goncourt l’annonçait dès hier matin sur son site internet : en cas de fermeture des librairies, la proclamation du prix Goncourt serait reportée. Les membres de l’Académie, comme ceux des autres prix (Académie Française, Renaudot, Interallié, Wepler, Vendredi, etc.) attendaient donc le verdict, prononcé lors de la conférence de presse du Premier Ministre.

En dépit des nombreuses voix qui s’étaient élevées tout au long de la journée, les librairies resteront donc fermées. Et les prix littéraires attendront des jours meilleurs. Solidaires avec un secteur qui a beaucou souffert du premier confinement, les membres du jury du Goncourt ne pouvaient envisager que le prix qu’ils devaient annoncer le 10 novembre le soit alors que les librairies seraient fermées. En conséquence, ils reporteront donc la proclamation à une date ultérieure qui sera précisée en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et des décisions gouvernementales prises.

Les prix Fémina et Médicis seront, eux, bien attribués. Le jury du premier estime "que les prix littéraires contribuent à soutenir la vie culturelle, les libraires, les éditeurs, les lecteurs et les auteurs gravement affectés par les mesures de confinement", le second avait conditionné sa décision à la possibilité garantie pour tous les libraires de proposer un service de "click and collect", ce que Roselyne Bachelot, en charge de la Culture, a confirmé ce jeudi soir.

Créé en 1902 et remis pour le première fois en 1903, le Goncourt dût, à plusieurs reprises, être postposé. D’abord en 1914, puisque la guerre venait de commencer. Adrien Bertrand dût attendre 1916 pour se voir remettre son prix pour L’appel du sol. Lauréat en 1940, Francis Ambrière dût attendre 1946 pour voir Les grandes vacances couronné. Dans un autre contexte, en 1951, Julien Gracq refusa le prix que l’on voulait lui donner pour Les rivages de Syrtes. En 1960, le prix est attribué à Vintila Horia, un auteur roumain, pour Dieu est né en exil. Toutefois, il ne lui est pas remis en raison de son passé politique dans les années 30.