C’est un peu comme Noël, dont la date ne change jamais : chaque année, depuis dix ans maintenant, le plus gros vendeur de livres en France, c’est Guillaume Musso. Avec 1 509 662 exemplaires à son actif, il devance Virginie Grimaldi (827 561 ex.) et Michel Bussi (815 003 ex.). Des chiffres bruts à relativiser toutefois, car pour dépasser la barre du million et demi de livres écoulés, Guillaume Musso a bénéficié, en fait, de trois parutions : La vie est un roman (en grand format, son nouveau livre, donc), mais également un poche (La vie secrète des écrivains) et enfin la réédition, chez Calmann-Levy, d’un texte, Skidamarink, paru en 2001 chez Anne Carrière.

C’est le même cas de figure (mais avec deux livres seulement) qui a permis à Virginie Grimaldi de souffler à Michel Bussi sa deuxième place puisqu’en 2020, elle a publié Et que ne durent que les moments doux (Fayard) et un inédit en poche Chère Mamie au pays du confinement (Le Livre de poche).

Si l’on y regarde de plus près et que l’on ne tient compte que des livres sortis en 2020, c’est Joël Dicker qui prend la tête du peloton. Malgré ses 576 pages (qui pourraient faire peur aux lecteurs), L’énigme de la chambre 622 s’est écoulé à 493 919 exemplaires. Un très joli score pour l’auteur suisse.

De ce classement - français, rappelons-le -, d’autres enseignements sont encore à tirer. Par exemple, c’est la fiction qui a le mieux marché et même si les libraires ont souffert et que les ventes ont baissé de 10 %, le chiffre d’affaires, lui, a augmenté (puisque les lecteurs ont davantage acheté du "grand format", plus cher).

Il ressort également que L’anomalie, prix Goncourt attribué à Hervé Le Tellier, fait un très beau résultat puisqu’il s’en est vendu 440 848, alors qu’il est arrivé en magasins avec un mois de retard sur la date habituelle. Enfin, c’est anecdotique mais rigolo, les Mémoires de Barack Obama se sont beaucoup mieux vendus que celles de Nicolas Sarkozy…