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Finaliste malheureux, voici quelques jours, au prix Fémina, Luc Lang s’est vu attribuer, vendredi, le prestigieux prix Médicis, pour son roman "La tentation" (Stock). Une belle récompense pour cet auteur de 63 ans, déjà lauréat du Goncourt des Lycéens, en 1998, pour "Mille six cents ventres". 

© D.R.

J’ai essayé d’écrire une apocalypse”, confiait récemment l’auteur, qui signe un livre sombre et dont les mots sont choisis avec la précision chirurgicale du personnage principal (dont c’est le métier). Selon Thierry Bellefroid, qui a chroniqué "La tentation" pour nous, le livre est “ une sorte de western bâti sur des paysages alpins. Y évolue un homme d’une petite soixantaine d’années qui poursuit avec brio la tradition familiale de l’exercice de la médecine, mais aussi celle de la chasse. Sûr de lui. De ses gestes. De ses idées. Au début du livre, il décide de ramener chez lui un magnifique cerf qu’il a blessé. Il l’opère. Le sauve. Incroyable vanité de celui qui peut donner la mort autant que la vie ! Pourtant, cet homme va tomber de l’arbre comme le fruit mûr qu’il est. Et Lang va nous emmener dans une histoire crépusculaire sur un rythme tantôt contemplatif, tantôt trépidant, à la manière d’un film d’action. Plus que le récit d’une chute vertigineuse – et d’une possible rédemption -, Luc Lang nous raconte le choc entre un monde qui advient, sûr de sa suprématie et de sa morale, et un monde qui vacille sans vouloir l’admettre. En le refermant, on est encore sous tension.”

Notons encore que Le Médicis essai a été attribué à Bulle Ogier et Anne Diatkine pour "J'ai oublié. (Seuil).