Une de ses œuvres est mise en vente chez Christie’s et elle coûte bonbon.

La bande dessinée est-elle un art mineur, à l’instar de la chanson comme l’a un jour dit Serge Gainsbourg ? Il semble que non à la vue de la vente qui se profile le 20 novembre prochain chez Christie’s à Paris. Plus de 300 planches et illustrations sont mises en vente par la prestigieuse maison. C’est le fruit d’une toute nouvelle collaboration entamée avec les galeristes spécialisés dans la BD dont Huberty&Breyne installés place du Châtelain à Bruxelles.

Parmi les artistes proposés à la vente figurent des cadors du genre : les incontournables Hergé, Uderzo ou encore Franquin, star du 9e art dont la cote ne cesse de s’envoler. Et à côté d’eux, d’autres commencent à s’offrir une belle place au soleil. C’est le cas de Philippe Geluck dont une toile du Chat intitulée Chez les Pollock est estimée entre 40 000 et 60 000 euros ! Oui, vous ne rêvez pas, il y a bien cinq zéros derrière le premier chiffre. C’est loin du dessin à l’encre de Chine réalisé par Hergé pour un puzzle consacré au Secret de la Licorne qui est évalué entre 150 000 et 180 000 euros mais c’est aussi cher qu’un dessin de Franquin pour la couverture du dixième numéro du Trombone illustré et plus que les estimations avancées pour des planches de Jacques Martin (Alix), Jean Giraud (Blueberry), Moebius, Milo Manara et Marcel Gotlib. Bref, Philippe Geluck, c’est manifestement très bankable comme le disent les Américains.

Pour Christie’s, cette vente sera seulement la sixième consacrée à la bande dessinée. Mais avec l’accord conclu avec les galeristes, la maison de vente entend faire de ce segment du marché une nouvelle opportunité.

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Pour passionné fortuné

Et du côté d’Huberty&Breyne, on se frotte les mains car cette collaboration offre à la galerie belgo-française (elle a aussi un espace à Paris) une nouvelle dimension. "L’image de marque qui rejailli sur le travail de la galerie est phénoménale, confie Alain Huberty. Je ramais parfois pour trouver des lots pour atteindre un million d’euros pour mes ventes de prestige ; là, je dois en éliminer pour prendre le top du top, et je suis à trois millions."

Finalement, ce sont les amateurs de BD pur jus, c’est-à-dire non collectionneurs et non spéculateurs, qui font les frais de l’opération. Qui dit ventes prestigieuses dit prix qui grimpent en flèche. Il sera de plus en plus difficile de se faire plaisir à un prix un tant soit peu raisonnable. Chez Christie’s, le lot le moins cher est estimé à 800 euros (une planche de Chevalier Ardent de François Craenhals ou de Bob De Moor).