Uderzo a été contraint de finir seul Astérix chez les Belges.

Impossible, en voyant Astérix et Obélix, de ne pas les comparer à leurs deux auteurs, Goscinny et Uderzo. "Parce que je suis costaud, nous avait expliqué ce dernier dans un grand éclat de rire, en 2008. D’ailleurs, je me suis dessiné en Obélix et René en Astérix. C’est un pur hasard à la base : René ne ressemblait pas du tout à Astérix. Et, malgré le ventre qui m’arrive, je ne pense pas ressembler à Obélix. Ce n’est pas la forme physique. Mais peut-être un peu le caractère. Goscinny était un garçon énergique. Du signe du Lion. Les Lions, je connais ça par ma fille, ce sont des gens intransigeants, qui aiment diriger. Je m’en suis rendu compte avec lui. Je ne crois pas tellement aux signes, mais moi je suis Taureau, plutôt placide : cela tombait bien. Deux Lions, cela aurait donné des flammes. Il y avait cet aspect aussi dans la BD, avec Astérix qui mène le débat et le gros balourd derrière qui suit. Non pas que je sois enveloppé… (rire) René était plus petit, mais pas tellement trapu. Du moins pas avant 40 ans."

La mort de son ami fut un traumatisme. "Un mois et un jour avant, je lui avais fait tellement peur en Ferrari qu’il m’avait dit : ‘Bébert, si tu tiens à te suicider, fais-le proprement avec un revolver. Puis il meurt à 51 ans, lors d’un test d’effort. C’est devenu le ‘cas Goscinny’, un exemple de ce qu’il ne faut jamais faire en cardiologie. Pour moi, c’était un cauchemar."

Pire : l’éditeur, Dargaud, le contraint de finir Astérix chez les Belges, alors que sept planches manquent. Qui devait être leur dernier album. "On se disait, avec René - on ne parlait pas de la fin de l’aventure Astérix -, qu’on avait commencé par la Belgique et qu’on terminait avec la Belgique."

Par mesure de rétorsion, il décide en 1979 de créer les éditions Albert René et de poursuivre seul l’aventure. Avec un énorme succès populaire à la clef jamais démenti depuis.