Dans ce livre, il est aussi question des différentes "affaires" dans lesquelles on a remis en cause leurs thèses, notamment. 

Ont-ils été plus affectés que ce que l’on imagine par ces polémiques qui remettent en cause leur travail même ? "Le débat date du moment où on a publié nos thèses : moi en 1999, Igor en 2002", analyse Grichka. "Dès 2000, nous avons publié dans diverses revues scientifiques. Ce qui est assez étonnant, c’est qu’au départ, il n’y a pas eu de réaction, on a été très bien accueillis. Mais après la thèse d’Igor, quelque chose comme un débat a démarré. Une rumeur a été lancée par un petit groupe de scientifiques, selon laquelle nous avions publié des ‘canulars’."

Une attaque destinée, selon les frères, à les mettre en défaut par rapport au contenu de leur travail et qui a pris des proportions folles puisqu’ils se sont retrouvés en Une du New York Times. " La question était de savoir si nous étions des génies ou des plaisantins, rigole Grichka. Au départ, nous avons suivi ça avec beaucoup de surprise. En cherchant, nous avons vu la combinaison de trois causes. Un : nous sommes connus et ça dérange terriblement. Ça déclenche une forme de jalousie, d’envie. Deux : il y a, dans nos travaux, quelque chose d’inaugural, que la communauté scientifique ne comprenait pas forcément. Nous avons été les premiers à construire un modèle physico-mathématique cohérent de ce qui a pu se produire avant le Big Bang. À l’époque, c’était un territoire complètement vierge. Cela a contribué à créer des stupéfactions et des fureurs. Trois : on a aussi questionné le mystère suprême, d’où vient cette énergie colossale ? Il y a, derrière ça, une dimension un peu métaphysique. Le fait qu’on ait écrit des livres comme Le visage de Dieu, ça irrite énormément aussi."