De Léopold I à Albert II, découvrez quelques secrets d’alcôve jusqu’ici plutôt bien gardés.

"Une dynastie que l’on croit depuis longtemps si sage" ...

Sur la quatrième de couverture, l’éditeur, sans se mouiller, laisse entendre que dans les pages d’Alain Leclercq se cachent quelques secrets d’alcôve jusqu’ici plutôt bien gardés. C’est que la monarchie, en Belgique, n’est pas objet de plaisanterie et encore moins de gaudriole. Mais les histoires coquines de nos rois et reines - à l’exception du souverain actuellement sur le trône - font partie de l’Histoire tout court et c’est à ce titre que l’auteur les a rassemblées dans un livre.

Léopold I

Où l’on découvre, notamment, Chapitre I : Léopold I - le livre est tout simplement et très logiquement construit chronologiquement - que notre premier monarque ne chassait pas que le sanglier dans les Ardennes. Après le récit d’une battue et d’une mise à mort en règle, non loin de Ciergnon, Alain Leclercq nous entraîne, dans les pas de Léopold Ier, dans une auberge de la région. La serveuse est avenante et le Roi de fort bonne humeur. "Là, sans trop de fioritures, il la prend gaillardement comme pour couronner une journée de sport où il a oublié ses soucis et le ciel gris", écrit-il. Et, plus loin, "Quelques mois plus tard, elle accouchera d’un petit bâtard, dont la paternité sera attribuée à un jeune homme de la région." Et de s’interroger sur le nombre d’enfants illégitimes laissés dans la nature par notre premier roi…

Léopold II

D’abord, de longues pages pour rappeler que son mariage avec Marie-Henriette n’était que de raison. L’absence d’héritier mâle venant compléter le triste tableau. Mais c’est sous le titre Les débuts d’un coureur qu’on en apprend plus sur le plus barbu de nos souverains. "On a longtemps cru que Léopold n’avait commencé à courir les femmes que sur le tard, mais on sait maintenant qu’il n’en fut rien." Ballerines de l’Opéra, danseuses de la Monnaie, "des petites vendeuses ou des petites mains", tout y passe. On le décrit même comme "un habitué des plus grands bordels de Paris ou de Londres"… L’auteur va même - page 235 - jusqu’à souligner que Léopold II aimait trop les toutes jeunes filles. "Pour beaucoup d’historiens aujourd’hui, Léopold II peut être considéré tout simplement comme un pédophile, car il est amateur de jeunes filles et ses innombrables visites dans les maisons closes où son attrait pour les mineures provoque un scandale sont, à l’époque, de notoriété publique." L’auteur, toutefois, précise qu’en termes de liberté des mœurs et de lois, l’époque n’était pas celle que nous vivons aujourd’hui.

Albert Ier

On a tous en mémoire le couple que formait le Roi chevalier avec la reine Elisabeth. Pourtant, Alain Leclercq rappelle que le cœur de notre monarque battait, avant son mariage, pour Isabelle d’Orléans, la fille de Philippe VII. Un détail peut-être, mais qui expliquera certaines choses. Du reste, il y aura vraiment de l’amour entre Albert et Elisabeth, qui se disent oui le 2 octobre 1900. Avant que cette dernière se rende à l’évidence : elle en éprouvait d’avantage pour son maître de chapelle, Eugène Ysaÿe. C’est leur relation (qui a débuté en 1903, si l’on en croit l’auteur), et d’autres, que l’on découvre dans ces pages. Elisabeth y prend même le surnom de Veuve joyeuse. C’est dire !

Léopold III

Si l’on sait beaucoup de la belle histoire entre Léopold III et la reine Astrid, l’auteur, ici, se plaît à rappeler que c’est d’abord sur une princesse italienne, Mafalda, que le futur roi avait jeté son dévolu. Plus loin, et derrière la belle histoire, on découvre encore que peu de temps après le mariage, en 1924, les rumeurs circulèrent, qui "égratignèrent l’image bien lisse de ce bonheur". En substance, Léopold III n’aurait pas tardé à "succomber à nouveau aux petits travers donjuansesques de sa jeunesse et serait allé voir ailleurs." Après la mort accidentelle de la reine, et sous le chapitre "Un veuf éploré qui se console comme il peut", Alain Leclercq passe en revue les femmes qui ont consolé le souverain.

Baudouin

L’un des intertitres du livre résume à lui seul le règne : Baudouin n’est pas de la race des Saxe-Cobourg. Surnommé par certains les Sexe-Cobourg. Toutefois, quelques pages plus loin, Le roi Baudouin était-il homosexuel ? remet du piment dans l’affaire. Mais l’auteur précise bien vite que "L’absurdité de telles théories est manifeste."

Albert II

"Je te trompe, tu me trompes". C’est le premier sous-titre du chapitre. Autant dire que l’on entre directement dans le feu de l’action. Malgré trois enfants, l’auteur écrit que "Ne pouvant plus supporter la vue de l’autre, ils passent plus de temps à se fuir et à chercher le bonheur ailleurs qu’à essayer de mettre les choses à plat". Plus proches de nous et plus médiatisées, les affaires de couples d’Albert II et Paola font l’objet d’un chapitre plus court, mais dont les intertitres ne sont pas moins forts : Albert et Sybille (de Sélys Longchamps, NdlR), Paola trompait-elle Albert ? Avant de conclure sur une note plus positive : Albert et Paola, un amour retrouvé ?