Les Stones se sont sentis chez eux

Basile Vellut
Les Stones se sont sentis chez eux
©BELGA

Les Anglais ont réservé le meilleur pour la fin

WERCHTER Né le 3 août 1945, George Ivan Morrison n'a pas dû être dépaysé en backstage avec les quatre Stones qui avouent un âge sensiblement identique. Invité à assurer la première partie des Anglais, l'Irlandais n'a jamais laissé transparaître qu'il n'est pas à l'aise sur scène. Bien sûr, Van The Man n'assure pas avec son jeu de jambes mais sa seule présence et sa voix suffisent à faire monter l'ambiance même si, bien entendu, le public n'avait qu'une attente: les Stones.

Mais c'est ça la dure réalité d'une première partie et nul doute que si Paul McCartney accepte d'ouvrir pour les ex faux ennemis jurés des Beatles lors d'un des trois concerts de clôture de A Bigger Bang , l'entrée est bien ancrée dans l'esprit de ceux qui font patienter le public de la manière la plus agréable possible.

Mick Jagger n'a pas manqué, du reste, de saluer la prestation de son devancier qu'il a remercié devant des spectateurs qui, finalement, étaient 33.000.

L'entrée des Stones sur leur énorme scène (avec un peu de retard pour accueillir les retardataires) fut accueillie par un public enthousiaste à défaut d'être totalement hystérique. En ouvrant, avec Start Me Up , ils ont joué sur une valeur sûre, une de ces chansons fétiches de A Bigger Bang .

La suite a peut-être quelque peu déçu ceux qui étaient venus dans l'espoir d'assister à un concert en forme de best of. Avec Shattered , Rough Justice (on l'oublie parfois vu la durée de la tournée mais il y a un album - A Bigger Bang - aussi à défendre) et Rocks off , Mick Jagger et ses acolytes n'ont pas joué la carte de la facilité, eux qui aiment changer leur set-list chaque soir. Et il faut dire qu'en plus de quarante ans de carrière, ils ont un choix gigantesque et peuvent puiser quasiment à l'infini, parcourant les époques et les tendances.

Pourtant, Mick Jagger n'a pas ménagé ses efforts, bien briefé qu'il était à saluer le public en français et en néerlandais pour ménager des susceptibilités que l'on sait à fleur de peau de ce côté-ci du pays (combien de groupes n'ont-ils pas été froidement accueillis ici en festival quand ils pensaient faire un effort en français?). On a même cru comprendre, dans son flamand approximatif qu'il se sentait à la maison, ici à Werchter.

Ensuite, les Anglais auront régalé leur public avec, dans l'ordre, Doo Doo Doo Doo , Sweet Virginia (chanson d'Exile on Main Street qu'ils ont très peu joué ces deux dernières années), Tumbling Dice , Can't Here You Knockin et I Get Crazy . Ils ont également été faire un peu tour de Steel Wheels , l'album d'une certaine renaissance dans les années avec Slipping Away chanté par Keith Richards. Place ensuite avec Aftermath et l'enthousiasmant Under My Thumb.

Vinrent ensuite: It's All over now, It's Only Rock'n Roll , Honkey Tonk Women , Jumpin Jack Flash , Brown Sugar , I Can't Get Now Satisfaction et Sympathy For The Devil pour une fin en forme de best of.



© La Dernière Heure 2007


Après les embouts , place au show

Il a fallu s'armer de patience pour rejoindre la plaine de Werchter

WERCHTER Hier, les fans bruxellois des Rolling Stones se sont rongé les sangs pour rejoindre la scène de Werchter. L'autoroute en direction de Liège puis du Limbourg a vu quelques centaines de cigarettes grillées impatiemment s'abattre sur le bitume. Car déjà dans le centre de la capitale, la circulation était plus que dense. Et sur la voie théoriquement à grande vitesse, un autre crash a ralenti inexorablement les amateurs de Mick Jagger et Cie.

Oh, au pis, ils auront raté la première partie, pourtant alléchante, mais ils auront craint de ne pouvoir assister à ce spectacle que la production des Stones promettait exceptionnel.

Ils auront, peut-être, craint, comme Sarah qui avait fait le déplacement depuis La Louvière, de rater ce qui pourrait être la dernière apparition des Anglais en Belgique. Car quand on accumule les années comme Wood, Richards, Watts et Jagger, il y a un petit côté morbide. "A leur âge, tout peut malheureusement se produire , présage la fan hennuyère. "L'accident de Keith Richards fut là pour nous le rappeler. Mais quand on les voit sur scène, heureusement, ce sentiment s'évapore. Quel plaisir."

D'autres, une fois les embouteillages franchis, s'étonnaient de la relative facilité avec laquelle on pouvait se mouvoir sur le site.

"Je viens quasiment chaque année pour Rock Werchter", assure un certain Kevin, de Liège, alors qu'il ne doit avouer qu'une petite vingtaine de printemps sous la toise. "Le prix en a peut-être dissuadé plus d'un mais moi avec ce ticket j'ai l'occasion de voir des légendes vivantes et de rendre mon paternel vert de jalousie. Et puis quand on aime, on ne compte pas. Je ferai davantage de petits jobs pour pouvoir voir mes artistes préférés sur scène."

Un avis partagé par sa copine, Laure : "Et puis, ils sont encore tellement sexy. Quand je vois mes parents."

Y en a qui vont apprécier...



© La Dernière Heure 2007

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