Colin Greenwood: "Je devrais être plus heureux"

B. Vt

Colin Greenwood a vécu de pénibles moments

BRUXELLES Colin Greenwood est assurément quelqu'un de charmant, s'enquérant de votre santé, du nom de vos enfants, de votre degré de satisfaction à la fin de l'interview,... Pourtant, il n'a pas traversé ces derniers mois la période la plus facile de sa vie, avec les sessions d'enregistrement d'In Rainbows qui se firent en deux temps. La première fin 2006 avec Mark Spike Stent aux manettes pour donner un coup de frais au groupe, la deuxième avec le retour de Nigel Godrich, le producteur emblématique du groupe. "Ce fut très dur l'année passée , concède Colin Greenwood. Parce que j'ai perdu l'ouïe à cause de mauvais écouteurs. En plus, je me suis posé beaucoup de questions sur le fait d'être dans un groupe. C'est honteux. La grande leçon à propos du downloading, c'est que tu dois avoir confiance en ce que tu fais. C'est très difficile de sortir l'album comme on l'a fait si on n'a pas confiance en nous. J'ai rencontré tellement de groupes qui sont devenus de la merde après avoir perdu la confiance qu'ils avaient en eux. Je devrais être plus heureux, plus confiant."

Toutefois, il a reçu le soutien des autres membres de Radiohead qu'il côtoie depuis plus de vingt ans. "En 84-85. Depuis l'école. Bordel."

L'interjection en dit long... "Nous avons fait des erreurs, bien sûr. Cela fait partie de la vie d'artistes d'en faire. Un peu comme l'album Trans de Neil Young. Si tu retires des choses de ça, c'est positif. On a fait des erreurs sur l'album précédent, c'est bien d'essayer de les corriger. Il était trop long, par exemple."

Le plus surprenant, peut-être, avec In Rainbows , c'est qu'il ne surprend pas alors que Radiohead avait habitué à innover au fil des ans. "Tu peux travailler très dur pour surprendre mais ce qui est important c'est la qualité des chansons et l'émotion qui se cache derrière elles. Ce n'est pas comme si t'avais rien à prouver. C'est important, tu dois toujours être inspiré, influencé par d'autres artistes. Et pour l'instant, c'est difficile d'en trouver. Tu dois te tourner vers des trucs plus vieux. Moi personnellement, quand on a fait l'album, j'écoutais beaucoup de trucs hip hop. Mes influences personnelles se retrouvent plus sur des chansons comme Reckoner ou Jigsaw Puzzle mais c'est difficile de les retrouver en même temps. Mais c'est un disque traditionnel. Les chansons ont des qualités universelles. Les chansons parlent de la crise de la quarantaine, des relations émotionnelles. Elles parlent de la balance qu'il faut trouver dans sa vie. Pas de savoir si c'est bien ou mal. Mais ce que tu as gagné, ce que tu as perdu. Où tu es. La vie que tu as, est-ce trop tard pour en changer ?"



© La Dernière Heure 2007

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