Le guitariste de Johnny Hallyday, reprend ses plus grandes chansons: "L'enregistrement de l'album était presque un tête-à-tête avec lui"

"Pendant l'enregistrement, j'ai beaucoup pensé à lui. C'était presque un tête-à-tête avec Johhny": Yarol Poupaud, guitariste du "Taulier" pendant six ans, sort un album de reprises du rocker préféré des Français, disparu en 2017.

(FILES) In this file photo taken on February 13, 2016 French singer Johnny Hallyday gestures as he receives the best album award  on stage during the 31st Victoires de la Musique, the annual French music awards ceremony, at the Zenith concert hall in Paris. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP)
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La bonne idée est de ne pas balayer tout le répertoire du monstre sacré, mais de cibler la période 1960-70 pour "remettre le curseur sur le rock", comme le dit le guitariste-chanteur à l'AFP. Pas de titres suaves comme "Je te promets" ou "Laura" donc, mais un album - "Fils de personne" prévu vendredi - qui débute par une décharge électrique, "Voyage au pays des vivants".

"Dans la carrière de Johnny, on connaît les grandes ballades, le coté people mais, moi, je voulais revenir sur les raisons pour lesquelles j'étais content de travailler avec lui et faire redécouvrir ces titres", développe le musicien connu dans les années 1990 avec le groupe FFF.

Comment a-t-il embarqué sur le navire Johnny? En 2011, au moment de la promotion de l'album de Johnny "Jamais seul" fait avec Matthieu Chedid, ce dernier a un agenda chargé et le nom de Poupaud, qui a collaboré avec Niagara, est soufflé.

"Un peu lâché

"On fait un concert dans le petit studio de RTL. 45 minutes devant 200 personnes et, pour moi, c'était plié. J'étais hyper content d'avoir fait ça. Je rentre chez moi des étoiles dans les yeux". Mais, à 2 heures du matin, le téléphone sonne: "Ouais, c'est Johnny. Ca te dirait de faire la tournée avec nous ?". Un coup fil de la production plus tard lui confirme qu'il n'a "pas fait un rêve chelou".

Poupaud découvre alors que "la vie de ce mec était un roller-coaster permanent". "Au bout de trois mois de tournée, il était claqué, en avait marre, rentrait chez lui à Los Angeles mais, dix jours plus tard, appelait: +Qu'est ce qu'on fait? Un nouvel album? +".

Poupaud plaît à Johnny pour sa "culture du groupe". "Il aimait aussi +Nono+ (Norbert Krief, guitariste de Trust puis de Johnny) pour ce côté groupe, ce qui veut dire que la lumière n'est pas que sur le chanteur". "Parfois, je sautais partout et j'allais le voir le lendemain en disant: +Euh, je me suis un peu lâché hier...+ Et Johnny me disait: +Non, au contraire, vas-y à fond, le public ça l'éclate+. D'autres n'auraient pas accepté que je me mette devant eux pendant le solo".

Jimi Hendrix, Jimmy Page

Johnny a la culture des guitaristes. "Ô Carole" qu'il chante (et que reprend Poupaud) est un titre de Chuck Berry à l'origine et "Hey Joe" fut popularisé par Jimi Hendrix. Le grand public l'ignore mais, la première fois que le trio The Jimi Hendrix Experience monte sur scène, le 13 octobre 1966, c'est à... Evreux! En première partie de Johnny, qui a repéré ce surdoué qui joue avec les dents dans un club à Londres, ville où le rocker français travaille avec les meilleurs du moment.

Car, parmi les musiciens additionnels du "Taulier" en studio, on trouve ainsi Jimmy Page, guitariste iconique de Led Zeppelin sur "A tout casser", titre peu connu repris par Poupaud.

Ce dernier a d'ailleurs croisé son héros de "Led Zep'". "Un jour à New-York, avec Johnny, je fais un solo et, là, je vois Jimmy Page dans le public: du coup, je suis moins sûr de mon solo... (rires)".

A la fin du concert, un agent de sécurité l'empêche d'entrer dans la loge de Johnny où se trouve Page, "car il y a trop de monde". Mais à l'aéroport le lendemain, Poupaud tombe sur Page au kiosque à journaux. "On a tchatché, encore mieux que si on l'avait fait en loge. On devait se rencontrer", sourit Poupaud.

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