13 h 20 tapantes. Celui ou celle qui était même à des dizaines de mètres de la Jupiler X Marquee ne pouvait pas s’y tromper : le 25e festival de Dour avait commencé. En force avec Raketkanon, avec davantage de subtilité avec Thee Marvin Gays, qui se produisaient dans la Petite Maison dans la Prairie. Du noise rock et du garage surf sauce Black Lips (mais en plus sage sur scène) : il n’y avait pas que le soleil qui tapait, hier.

Gantois et Tournaisiens ont-ils donné le ton à une édition anniversaire qui commençait sous une chaleur éclatante ? Sans vouloir enfoncer de portes ouvertes (et sur un festival comme Dour avec sa programmation éclectique et ses nombreuses scènes, elles sont béantes), il n’y avait pas que des guitares à faire hurler. La preuve avec Veence Hanao et son rap à textes, aidé d’un seul gars derrière sa machine. Habitué des lieux, le Belge a déversé son flow avec la prestance qu’on lui connaît alors que le camping déversait son flot de festivaliers pas encore trop éreintés après une nuit sous tente.

Du reste, La Chiva Gantiva, en ouverture de la main stage, a fait esquisser aux spectateurs leurs premiers pas de danse. Funk et rock se mélangent dans une ambiance festive. The Skints et The Aggrolites ne leur feront ni ombrage ni honte : sur la scène principale, en attendant Mike Patton et son nouveau projet - Tomahawk - l’heure était à la bonne humeur.

Fauve, également, met de l’ambiance. Le collectif français continue de tracer depuis les Nuits du Botanique et cette première prestation en-dehors de l’Hexagone. Le chanteur s’entraîne toujours pour le marathon de New York, déambulant de gauche à droite, haranguant la foule avec l’énergie qui caractérise ses textes. Des textes où tout le monde semble se reconnaître si l’on se fie à l’ambiance de feu qu’il a mise. Kané, Blizzard, Les Nuits Fauves, etc. Le répertoire des Français reste encore restreint mais jouissif.

Avant eux, Paon, avec notamment Shine Over Me, sort de l’ombre. Ben Baillieux-Beynon (The Tellers) et Aurelio Mattern (Lucy Lucy) se sont bien trouvés et avec les deux autres musiciens du groupe l’alchimie prend.

The Horrors, eux , ne sont pas du genre à aller s’en taper cinq ou à se serrer dans les bras pour s’encourager. Les effets stromboscopiques donnent un peu de lumière dans ce rock plus noir que psyché. Pour son retour aux Ardentes, Faris Rotter et ses potes ont assuré. Cela laissait de la place pour Tomahawk ou Action Bronson. Du rock dur ou du rap. Comme quoi, au festival de Dour, tous les goûts sont dans la nature et les choix cornéliens et ubuesques.