Julien Clerc se trouve involontairement à la base de la rencontre entre Carla Bruni et Nicolas Sarkozy


BRUXELLES Un bébé, Léonard (né le 22 avril dernier), un nouvel album (Où s’en vont les avions? en vente dès le 15 septembre) : il est des manières plus classiques de passer le cap de la soixantaine. Mais Julien Clerc a toujours cultivé sa différence. Fier d’être un chanteur populaire qui s’est “débarrassé depuis longtemps des problèmes d’ego”, il ne paraît pas seulement étonnamment jeune physiquement : il l’est surtout resté d’esprit. La preuve avec un CD centré sur l’amour, mais aussi, pour la première fois, sur les enfants. Auxquels il accorde une berceuse (Dormez) et une comptine (Une petite fée).

Je suis conscient de ma situation, mais je n’ai pas eu le sentiment de franchir un cap. Un nouvel amour, un 5e enfant, c’est le contraire d’un cap : c’est une manière très agréable d’entamer un nouveau chapitre. Cela fait 40 ans que je chante, mais je me sens plus libéré qu’avant. Je ne cherche pas à séduire les djeuns, ni à écrire pour certaines radios qui ne me passeront de toute façon pas ! Je peux me plonger entièrement dans l’univers d’auteurs qui ont envie de travailler avec moi.

Comme Carla Bruni ? Aujourd’hui, elle suscite beaucoup de railleries… C’est comme un délit de faciès, ça (rire). Elle est suffisamment forte pour passer au-dessus de ça. Les gens oublieront. Cela fait partie de la nature humaine. Mais c’est dommage : cela fausse les choses.

Elle vous fait chanter : “ Le temps, j’en fais mon affaire” et “ Je veux mourir un dimanche”Elle parle beaucoup d’elle dans cette chanson. Inconsciemment, j’ai fait une musique qui soit chantable par elle. Sans pic vocal.”

Quelle est l’histoire de cette chanson, Déranger les pierres ?

“Elle a écrit le texte avant qu’elle ne le (Nicolas Sarkozy, NdlR) rencontre, que sa vie privée ne devienne médiatique. J’ai mis de la musique dessus et je lui ai dit : Carla, je crois que nous avons une belle chanson. Le soir même, elle allait au dîner où elle l’a rencontré. Elle a dit à des amis : Je suis en train d’écrire, j’ai fait un texte, Julien le prend, je suis vachement heureuse, etc. Elle a sorti le texte de son sac. Lui était là, et lui a demandé s’il pouvait le prendre. Elle le lui a donné. Après, ils se sont revus. Ce texte-là a trôné sur son bureau un temps.”

Vous approuvez les paroles ? “Ce qu’elle exprime est plus proche de ce qu’elle vivait à l’époque, avant de le rencontrer, que ce que je vivais. Mais cela ne me pose aucun problème de le chanter : quand un texte est bon, je n’ai pas besoin que cela colle avec ma vie. Je m’en fous. Je me mets au service d’une œuvre.”

Et aussi, sans le savoir, des grandes histoires d’amour de l’Histoire de France…



Julien Clerc, Où s’en vont les avions ?, EMI, en vente dès le 15 septembre.


© La Dernière Heure 2008