Entre le déluge de décibels et de pluie, les festivaliers n’ont pas eu peur de se mouiller ce week-end. Mais, pas de panique, tout est sous contrôle.

Même si les rafales de bière de vendredi ont fait place aux rafales de vent ce samedi, l’ambiance - en poncho fluo - n’a pas baissé d’un iota. Comme chaque jour à Tomorrowland, c’est le calme avant la tempête, dans tous les sens du terme. Martin Solveig peut en témoigner.

Premier à fouler la main stage - une sorte de donjon de 140 mètres de large pour 42 de hauteur - ce samedi sous des rideaux d’eaux, le DJ moustachu (c’est une vraie !) a livré un set mouillé avec une poignée d’irréductibles. "La pluie belge fait partie du contrat, confie le français, légèrement refroidi. Mais j’ai de nombreux fans ici, ils semblaient donc malgré tout content de faire la fête avec moi. Ils sont juste incroyables. Pour ma part, j’ai juste carburé aux cafés ! (sourires)"

Entre les hôtesses qui ont la chair de poule, quelques demandes en mariage dans la boue, des Diables rouges venus incognito comme Axel Witsel ou 37 personnes interdites de festivals pour possession de drogue (dont 4 dealers), le Royaume de Mélodia a repris du poil de la bête en ce samedi soir. Et tant pis si les festivaliers sentent le poney.

Pendant que la météo fait des siennes et qu’on refixe les planches du lit de la chapelle jarretelle (tiens, tiens), les festivaliers s’amusent à découvrir les pseudos parfois drôles de certains DJ’s comme Krewella, 2Fabiola, R3hab ou encore Ugur Yurt.

Entre Big Brother et la Nasa

L’occasion aussi de voir Quentin Mosimann - qui a mis le feu, vendredi, pour son tout premier set à Tomorrowland - ou le vétéran de l’électro - l’allemand de 50 ans, Sven Väth- à l’œuvre (sur des vinyles !) pendant trois heures le lendemain.

Pour éviter tout incident - on se souvient de la catastrophe du Pukkelpop - Tomorrowland a mis en place son ECC. Cet Event Control Center est une sorte de centre névralgique où tout est surveillé en temps réel. Muni d’une dizaine d’écrans de surveillance (avec des quidams en go pro qui se baladent incognito sur le site), cette "tour de contrôle" ressemblerait presque à la Nasa.

Du flux des festivaliers à la densité de la foule en passant par ses mouvements ou son comportement sous chapiteau et même ce qui se passe sur les réseaux sociaux, tout le site est contrôlé. Face aux opérateurs et au risk manager, un journal de bord recense également tous les problèmes à résoudre, que ce soit au niveau des secours, des plaintes de vol, de l’alimentation, des déchets, des cartes de monnaie rechargeables et même… du niveau des décibels ! Le volume de chaque scène étant ainsi nivelé par l’ECC. Même les DJ’s stars n’ont donc pas leur mot à dire…

Du Big Brother, certes, mais pour le bien de tous et du pays de demain.

© JC Guillaume