Jonatan: «Je ne me suis jamais imaginé faire ce concours. C'est tellement énorme.»

ISTANBUL Un jus d'orange pour Jonatan Cerrada qui avoue une grande fatigue. Ce qui ne lui enlève pas le sourire: «Depuis qu'on est en Turquie, j'ai été raisonnable. Nous n'avons fait la fête qu'une seule fois, lundi, et je dois dire qu'on l'a faite à fond. Mais c'est vrai que j'ai du mal à m'en remettre.»

Les parents de Jonatan sont restés à Ans, de même que ses deux soeurs et qu'un de ses frères. L'autre, Julien, l'accompagne à Istanbul: «Incontestablement, ça aide d'avoir son frère près de soi. Ça permet de déconnecter.» Le stress? «Pas autant que je ne l'aurais cru. Au cours de cette semaine, j'ai été assez étonné par le fait que, pour les gens d'ici, l'Eurovision est surtout une grande fête. Ils ne le prennent pas tellement comme une compétition. C'est bien ainsi. On a beaucoup répété et cela aussi, c'est tant mieux, car ça nous met plus à l'aise. Ordinairement, je ne suis pas trop traqueur. Je crois quand même que, samedi, ça viendra. C'est un honneur de représenter un pays. A la maison, on a toujours suivi l'Eurovision, mais je ne me suis jamais imaginé le faire. Cela me semblait trop énorme.»

Dans une émission de télé française, on avait demandé à Jonatan pourquoi un chanteur belge représentait la France. Il avait répondu qu'il était Espagnol. Ce qui n'a pas plu à tout le monde en Belgique: «Je n'ai fait que répondre la vérité puisqu'il est un fait que je suis toujours de nationalité espagnole. Si vous me demandez comment je me sens, c'est autre chose. Je suis né en Belgique, j'y ai toujours vécu, jamais en Espagne. Je me sens autant Belge qu'Espagnol.» Frites ou paella? Il réfléchit un certain temps et retrouve le sourire: «Frites! Je mange beaucoup plus souvent des frites que la paella."

La Turquie, il ne connaissait évidemment pas. «Toutes nos vacances, nous les avons passées en Espagne. Ici, j'ai quand même eu le temps de visiter la Mosquée bleue et les souks.»

Le concours? «Ça peut paraître ridicule, mais je ne cherche pas à être bien classé. Je veux faire une bonne prestation pour que les Français qui m'ont choisi et les Belges qui auront voté pour moi soient fiers de moi. A l'inverse, je n'aimerais pas gagner en foirant ma chanson. Je pense que ce ne sera pas forcément un avantage de chanter en français, mais je préfère être dernier en chantant en français que de représenter la France en chantant en anglais. Je suis assez choqué par le fait que tant d'artistes viennent représenter leur pays et leur culture avec une chanson en anglais. Ça me dépasse complètement. Je ne vois pas l'intérêt.»

Et la Belgique? «Je suis dans le même hôtel que les Belges. Xandee est une fille formidable. En plus, elle est citée parmi les favoris.»

En juin, Jonatan reprend sa tournée qui passera par le Cirque Royal et Marche-en-Famenne.

© La Dernière Heure 2004