À 72 ans, le chanteur aux 50 ans de carrière et 100 albums est enfin honoré par sa région.

Salvatore Adamo n’était pas disponible le 17 septembre, lorsque le gouvernement wallon avait honoré 29 personnalités remarquables dans le cadre des Fêtes de Wallonie. Il a donc eu sa cérémonie privée ce mardi. Des mains de Paul Magnette, il a reçu la médaille de Commandeur du mérite wallon.

"Je suis honoré et fier parce qu’il paraît que ce grade est plutôt rare", a confié le chanteur, toujours aussi humble après une cérémonie en comité restreint. S’il existe bien plus de médaillés, chevaliers et officiers, seules treize personnes ont été sacrées Commandeurs parmi lesquelles seulement trois artistes : Franco Dragone ainsi que Luc et Jean-Pierre Dardenne. "C’est vrai que cette distinction arrive tard dans la carrière de Salvatore Adamo qui a déjà la reconnaissance de son public depuis tant d’années, mais je ne suis en fonction que depuis un an", se défend Paul Magnette en souriant. "Il n’y a pas d’art mineur et le mérite wallon ne doit pas se limiter à des scientifiques, des politiques, des sportifs et des entrepreneurs."

Des distinctions, Adamo en a reçu pléthore depuis 50 ans. "Je ne les ai pas comptées mais certaines comptent plus que d’autres. En musique, les trophées du Midem de 65, 66 et 67 ont été importants comme la Victoire d’honneur reçue l’an dernier."

À un niveau plus honorifique, "je suis citoyen d’honneur de Mons et c’est comme si cela venait d’être confirmé par la Wallonie. Mais je suis aussi citoyen d’honneur de Montréal et de Paris sans oublier Comiso, la ville d’où je viens, en Sicile. Et Raguse, la province dont elle fait partie."

Salvatore Adamo parcourt actuellement les villes de France où il s’est produit le lendemain des attentats du 13 novembre. "Personne n’était d’humeur à chanter et s’amuser; alors, j’ai proposé au public de postposer ce concert. II a refusé en bloc et nous avons vécu une parenthèse de 2 h 20 pour célébrer ce côté dérisoire et futile qu’il semble important de préserver dans nos vies."