“Balance ton quoi/Même si tu parles mal des filles/Je sais qu’au fond, tu as compris/Balance ton quoi/Un jour peut-être ça changera/Donc, laisse-moi te chanter/D’aller te faire en… hmmm hmmm…” Ce refrain signé Angèle est sur toutes les lèvres depuis la sortie de son album Brol, en 2018. Que ce soit parce que la mélodie, catchy à souhait, se fredonne aisément, ou dans la rue lors des manifestations contre le sexisme ou encore les violences faites aux femmes, en tant que revendication cette fois.

Cette chanson qui ne devait pas passer à la radio, c’est la Bruxelloise elle-même qui le dit dans son texte, a fait bien mieux qu’envahir les ondes. Triple disque de platine en Belgique, disque de diamant en France, le titre s’est hissé en tête des classements et est devenu un hymne en pleine vague Balance ton porc et MeToo.


Dans le portrait que 50’Inside lui a consacré samedi, Angèle a expliqué comment est née cette chanson, en particulier les paroles. “C’est dans le métro que je l’ai écrite et que j’ai écrit cette phrase, a-t-elle raconté. Je m’étais fait mal parler par un mec et du coup j’ai eu un petit sentiment de haine et d’envie de justice.” Plutôt que de crier sa dasaprobation, Angèle a traité le sujet avec une bonne dose de second degrés, une recette gagnante sur tous les plans.

Dans le clip qui accompagne la chanson, signé Charlotte Abramow, tout fait sens également. Les tenues portées par les figurants, dont Pierre Niney et l’actrice de films X Nikita Bellucci, ont été fabriquées par une marque antisexisme. Et si le violet domine, ce n’est pas non plus innocent. La réalisatrice souhaitait d’abord du jaune mais la couleur finalement choisie l’a été parce que c’est celle qu’historiquement les premières féministes ont portée. Voilà qui ramène aussi à la tenue de Kamala Harris lors de sa prestation de serment comme vice-présidente des États-Unis en janvier dernier.