Avec son Strut Tour, Lenny Kravitz truste la planète rock et déchaine les passions par son kif des riffs.

"Il évolue mais ne change pas, se réjouit un fan, Geoffrey, après les 2h de concert au Sportpaleis d’Anvers hier soir. Avec son énergie de dingue, c’est un tueur en live. Et en laissant souvent la place à l’instrumental de ses musicos, il donne une leçon de musique à tous. Un vrai rockeur !" Trois ans -depuis Black & White America- que le flamboyant new-yorkais n’avait plus publié d’album studio. Ce nostalgique chronique étant constamment à la recherche du son des origines, de ses origines (ukraino-haïtiennes). Ce qui le rend inclassable. Tantôt rock, tantôt blues, parfois jazzy et souvent un mélange de tout cela à la fois, l’artiste funk -et non punk, enfin quoique- semble graviter sur une autre planète, celle de sa musique. Pour le plus grand bonheur de son public belge, tous venus se trémousser au rythme de ses inoubliables titres comme les rassembleurs Let Love Rule ou American Woman, les puissants Fly Away ou Are You Gonna Go My Way et les touchants It Ain’t Over Till It’s Over ou Always On the Run (Mama said).

Caméléon de la scène rock

Ovni qui brasse plusieurs époques simultanées, le chanteur admet toutefois que son dixième album -intitulé Strut- truste les riffs du rock des années 80-90. C’est d’ailleurs toutes guitares dehors que Kravitz a totalement lennyfié son concert anversois (où il esquissait quelques mots de français et signait des autographes). La guitare, la basse et la batterie étant ses instruments de base, pour ne pas dire de prédilections. C’est parfois brut avec du gros son mais surtout un régal pour les oreilles lorsqu’il touche du saxophone ou des cuivres avec son gang de chevelus. On parle ici de ses musiciens incroyables (dont son infatigable batteuse qui, avec ses biceps de Rocky, semble prête pour le marathon de la batterie) et autres choristes de sa tournée qui semblent s’être donnés le mot quant au look "simpsonien" à adopter: Tahiti Bob. La mère bahaméenne de Lenny Kravitz doit y être pour quelque chose.

Lenny gravite à Anvers

"I felt you (Je vous ai sentis)" a posté le séducteur sur son Facebook dès sa sortie de show. A 50 ans, Lenny Kravitz ayant composé un disque débordant de soul mais toujours aussi taillé pour la scène. Riffs acérés, mélodie entêtante et son sale, le rockeur est de retour avec un intraduisible opus -Strut signifiant «se pavaner» et qu’il revendique plutôt comme un "Assumez-vous, soyez fiers de ce que vous êtes !"- mais qu’on écoute sans jamais se lasser. De son nouveau hit The Chamber au sautillant Strut en passant le très rock Dirty White Boots ou sa ballade funky sur New York City, celui qui se profile comme l’une des plus grandes stars du rock de sa génération (25 ans de carrière, 4 Grammy Awards, 40 millions de disques vendus) est stylé. Et on ne dit pas cela uniquement pour son look groovy élégant (ce n’est pas anodin si, même au ciné -Hunger Games en tête-, il incarne… des stylistes!) fait de lunettes noires, d’un torse tatoué/bodybuildé et des ses poses sexy. Mais bien parce que l’icône iconique de ces dames -I Belong to you (and you belong to me)- possède une âme musicale qui donne envie de Dancin' Til Dawn (danser jusqu’à l’aube) !