Ancien modèle de Jean-Paul Gaultier, Arno Elias joue de tous les instruments. Une question d'habitude...

CHARLEROI Arno Elias a véritablement triomphé avec une jolie ballade à la sauce moderne, intitulée Une question d'habitude. Dans la foulée, il sort son album, Alchimie, que, musicien complet, il a réalisé entièrement seul. C'est un album très orchestré. Mais sur scène, parce qu'il n'a pas (encore) les moyens, il interprète ses compositions en s'accompagnant seulement d'une guitare ou d'un piano. Il l'a fait, notamment, à Charleroi, en première partie d'Isabelle Boulay. Pour le public, ce fut la stupéfaction.
Dans la biographie de ce chanteur de 28 ans, deux noms sautent aux yeux: Claude François et Jean-Paul Gaultier.
`Mon père était musicien: batteur et percussionniste. Parmi les gens qu'il a accompagnés, il y avait effectivement Claude François. Mais ce n'était pas l'essentiel de son boulot. En fait, même s'il est Français, il faisait partie d'un groupe cubain. Il tournait dans le monde entier. Mais, de temps en temps, lorsqu'on le lui demandait, il accompagnait des vedettes. Il a tourné avec beaucoup de monde. Je ne le voyais pas beaucoup. Mais, grâce à lui, j'ai toujours été baigné dans la musique. J'ai grandi dans le monde des musiciens et c'est devenu quelque chose de naturel pour moi. Comme mon père, j'ai commencé par la batterie. Puis, j'ai étudié le solfège et d'autres instruments. A l'époque, je ne chantais pas beaucoup. Par exemple, il n'y a pratiquement pas de chanson connue que je serais capable de vous chanter par coeur. Il m'est arrivé d'en étudier parce que je devais en chanter une, pour une circonstance particulière. Mais ça s'oublie vite. Chanter, ça m'est venu plus tard: lorsque j'étais adolescent et que j'ai commencé à faire mes propres compositions. Moi, ce qui me fascinait, c'était ça: composer, prendre une guitare, inventer un truc, innover...´

Quels sont vos goûts en matière de musique?
`Tracy Chapman, Prince...´

Anglophones... Mais vous chantez en français.
`Au départ, je n'écoutais que de la musique anglo-saxone. Après, ça s'est équilibré. Le français, c'est quand même ma langue. C'est plus évident pour l'écriture. Et puis, j'ai commencé à vraiment apprécier la langue française. Notamment en écoutant des textes de Polnareff, de Gainsbourg ou de Souchon, par exemple.´

Repéré dans un concert

Et Jean-Paul Gaultier?
`Ça date de l'époque où je jouais avec un groupe, Rex. Gaultier nous a vus dans un concert, il m'a repéré et m'a proposé de défiler pour lui. J'ai trouvé que c'était marrant de faire ça. J'avais 19 ans. Ça me faisait de l'agent de poche. Ça me donnait surtout des moyens financiers, pour composer la musique que je voulais, prendre le temps. Et puis, ça m'a fait voyager. Après la musique, les voyages sont ce que j'aime le plus.´

Vous avez fait un premier album...
`Il y a deux ans. C'était un premier pas dans le milieu. Il n'y a pas eu de grand tube, mais on en a vendu vingt mille. Ce qui laissait beaucoup d'espoirs pour la suite.´

Lorsque vous avez composé Une question d'habitude, vous avez compris tout de suite que vous teniez un grand succès?
`Ce n'est pas comme ça qu'on pense. J'ai d'abord constaté son impact sur les gens qui m'entourent. C'est progressivement devenu une évidence. Mais cette chanson n'est devenue un succès qu'un an plus tard.´

Et papa, que pense-t-il du succès de son fils?
`Je crois qu'il est encore plus content que moi.´

Arno Elias, CD Alchimie, BMG