Attentats de Paris: Un an après, Sting redonne vie au Bataclan, les Eagles of Death Metal virés

Musique

P.-Y.P.

Publié le - Mis à jour le

Attentats de Paris: Un an après, Sting redonne vie au Bataclan, les Eagles of Death Metal virés
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Ce samedi soir, le tristement célèbre Bataclan a rouvert ses portes. Avec un concert de Sting mais sans les Eagles of Death Metal.

"On m’a proposé de jouer pour la réouverture en novembre, mais j’ai refusé", avait confié récemment Francis Cabrel au Parisien. Le chanteur a avoué se sentir "incapable" de remettre les pieds dans cette salle, dans laquelle il s’est pourtant beaucoup produit. "C’est trop de douleurs, trop d’émotions, trop de malheurs dans un même endroit. C’est au-dessus de mes forces d’aller y jouer".

Si l’interprète de Je l’aime à mourir a refusé la proposition, l’artiste de 62 ans semble bien le seul. "C’est le grand débat entre le concert de réouverture et le nombre d’artistes qui veulent venir ou pas, nous confessait Arno Santamaria, l’interprète de Paris, ma belle, la chanson hommage aux attentats. C’est complexe à monter alors que je pense qu’il faut qu’on aille tous y jouer dès que possible, sans se poser de questions !"

Son cri d’alarme semble avoir été entendu. Après Sting hier soir (dont la recette de la soirée a été reversée aux associations Life For Paris et 13 novembre : Fraternité et Vérité), place ce dimanche à une cérémonie qui se tiendra devant la salle avec plus d’une vingtaine de concerts programmés.

Tous (de Nada Surf à Skunk Anansie en passant par Vianney, Zazie, Saez ou encore Alex Beaupain) auront l’opportunité de faire revivre la salle mythique - dotée d’un nouveau logo à huit lettres rouges rehaussées au néon - un an après le drame qui a coûté la vie à 90 personnes.

Pete Doherty et consorts

Pete Doherty doit jouer dans la salle du boulevard Voltaire les 16 et 17 novembre. Le rockeur, leader des Libertines, dont le premier des deux concerts affiche complet, y reprendra sa chanson écrite après la tragédie du 13 novembre : Hell to Pay at the Gates of Heaven, soit L’enfer à payer aux portes du paradis.

L’enfant terrible de la pop britannique a confirmé que la chanson parlait bien du "fucking Bataclan", et de "comment nous avons été attaqués".

Pour Youssou Ndour comme pour Cali, jouer au Bataclan sonnait comme une évidence. "Je n’ai pas hésité et j’ai tout de suite dit oui, confie le premier. Participer à la réouverture est un geste spécial : la musique va pouvoir parler".

Pour Cali, "c’est important que ce lieu mythique revive, pour montrer aux barbares qu’ils n’ont pas gagné".

La musique comme arme face à la peur et la soumission, c’est tout le symbole porté également par des artistes comme Yael Naim, qui déclare qu’il "est de notre responsabilité de continuer à vivre".

Marianne Faithfull quant à elle affirme que "la musique peut panser les plaies, c’est pour cela que chanter au Bataclan est une bonne chose".

Le mot de la fin ira au groupe prometteur Tinariwen. "Pour nous, il est important de perpétuer la diffusion de toutes les formes d’art et de résister à toute pression qui empêcherait les artistes de s’exprimer. Jouer au Bataclan est un symbole de résistance à toute forme de terrorisme".

Eagles of Death Metal : les grands absents

Présent le soir de la tuerie, le groupe Eagles Of Death Metal avait rapidement émis le souhait d’être le premier à rejouer sur la scène du Bataclan lorsqu’elle ouvrirait à nouveau ses portes. Mais depuis les attentats, le chanteur Jesse Hughes a multiplié les propos polémiques, mettant notamment en doute le service de sécurité de la salle. "Ils ne nous ont jamais directement contactés, mais ma réponse aurait été non", a confié Jules Frutos, codirecteur du Bataclan, à l’AFP.

Les Eagles of Death Metal étaient revenus en février dernier donner un concert à l’Olympia, pour "achever" celui, avorté, du Bataclan en novembre.

Ce dimanche, le groupe devrait toutefois être présent pour la journée de commémoration des attentats.

Pour preuve, hier soir, l'accès à la salle de spec­tacle leur a été refusé. « Deux membres sont venus, je les ai virés », a déclaré le codi­rec­teur du Bata­clan à l'AFP puis il a ajouté: « il y a des choses qu'on ne pardonne pas ».

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