Aurélie Cabrel, fille de et fière de l’être

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Charles Van Dievort

Publié le - Mis à jour le

À 30 ans, Aurélie Cabrel a déjà deux albums à son actif. Elle sera en concert ce soir à Schaerbeek et vendredi à Binche.

S’appeler Cabrel, c’est forcément vivre à l’ombre du monument qu’est Francis. Mais qu’importe, sa fille Aurélie assume son nom tout en prouvant qu’elle n’est pas qu’une "fille de". Son univers musical est à découvrir sur ses deux albums : Oserais-je ? sorti en 2011 et A la même chaîne paru voici trois ans. Et sur scène à l’occasion de deux dates belges qui riment avec "à domicile".

Il paraît que la Belgique prend de plus en plus de place dans votre vie. Pourquoi ?

"Mon fiancé est de Mons, ainsi que mes belles-filles et mes beaux-parents. Et sur scène, j’ai la chance d’être entourée par trois musiciens Belges. Je commence à bien connaître le pays. Mes deux albums ont été très bien accueillis ici. C’est rassurant parce qu’en France, la musique, ça devient compliqué."

C’est-à-dire ?

"Les Belges sont très ouverts et amicaux quand il s’agit de chanson française. Je ne vois pas une différence entre les publics belge et français, même si je sais que les grands artistes comme mon père en voient une et parlent toujours de côté chaleureux des Belges. En revanche, je constate que les gens en Belgique sont très fidèles envers les artistes qu’ils suivent. Je me reconnais dans la mentalité belge, elle se rapproche de celle du Sud-Ouest de la France."

S’appeler Cabrel, était-ce un avantage ou un inconvénient pour se lancer dans la musique ?

"J’avais l’intime conviction que ça n’allait pas m’ouvrir les portes mais les refermer. En Europe, on n’a pas la culture de la famille musicale comme elle existe au Canada ou aux États-Unis où grands-parents, parents, enfants et petits-enfants jouent ensemble sur la même scène et partagent leur passion. Quand je vais au Canada, le public qui adore ce que fait mon père se dit qu’il aimera peut-être ce que fait sa fille. Il y a une curiosité positive. En Europe, on adore le père mais on pense que pour sa fille, c’est trop facile. On va donc la laisser patauger un peu et on reviendra la voir plus tard…"

Pourquoi ne pas avoir choisi un pseudo ?

"Avant la sortie du premier album, un producteur m’a dit qu’il fallait absolument que j’en prenne un. Je n’y avais jamais pensé et j’ai répondu non. Je suis fière de mon nom et je l’assume."

Vous verra-t-on un jour en concert avec votre père ?

"J’ai été ravie de voir toute la famille Chedid réunie sur scène. C’est génial de voir ceux qui ont plus de succès aider ceux qui sont moins mis en avant. Mais pour moi ce n’est pas d’actualité parce qu’avec mon père nous avons passé un pacte au début : chacun fait son truc de son côté. Cependant, ça ne nous a pas empêchés de faire quelques duos dans une salle à Agen…"

Francis Cabrel, c’est la première personne à qui vous faites entendre ce que vous créez ?

"C’est en tout cas l’obstacle à franchir. C’est lui qui valide mes textes. Quand j’en ai fini un, je lui transmets par email… même s’il est dans la pièce à côté. J’ai trop peur de son regard. Parfois, il me répond "tu es sûre que tu l’as fini ? Je ne crois pas…" Je repars alors avec mon carnet sous le bras, comme une enfant de six ans, et je vais le retravailler."

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