Ambassadrice de l'Unicef, la chanteuse est partie à la rencontre des enfants du Laos

BRUXELLES `Dans un centre de réhabilitation pour enfants que nous avons visité au Laos, un donateur de 1.500 kips, soit 9 FB, était remercié sur un tableau noir C'est dire qu'avec les 16 ou 17 millions que nous comptons récolter via la campagne Les enfants du Laos: un atout pour l'avenir, nous pouvons changer les choses en profondeur´, explique Christian Wiener, directeur général du Comité belge pour l'Unicef. Lequel lançait hier une nouvelle campagne, d'une durée de deux ans, consacrée donc à ce pays le plus pauvre d'Asie où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans.

Objectifs? Sensibiliser l'opinion belge (matériel pour les bénévoles; animations dans les écoles) et établir des services sociaux au Laos pour protéger les enfants victimes de discriminations, de maladies, de handicaps, de violence domestique ou sexuelle, et privés d'éducation.

Ambassadrice de l'Unicef-Belgique depuis 1997, Axelle Red s'est rendue au pays des mille éléphants en mai dernier. Mais elle était déjà sous le charme lao

`Je crois de moins en moins au hasard... Cela fait dix ans que je voyage à travers toute l'Asie, car c'est un continent qui m'inspire, que j'adore. Je suis allée en janvier au Laos. Je ne voyage pas avec des oeillères, mais je n'avais pas vu les problèmes à ce moment-là. J'avais vu la pauvreté mais je m'étais dit: On ne meurt pas de faim ici. Quand je suis rentrée à la maison, l'Unicef m'a appelée et m'a demandé de soutenir sa campagne spéciale. J'ai évidemment dit oui tout de suite.´

Quatre mois plus tard, la plume et la voix de Toujours moi s'élançait à nouveau sur la voie de l'Est `Les circonstances de cette visite, à la dure, étaient en adéquation avec notre mission. Sans quoi, ce serait gênant. Quand on rentrait dans notre chambre d'hôtel, les sacs flottaient sur l'eau de pluie´

Attentive reporter pour l'Unicef, qui a écouté les témoignages et les rapporte avec son coeur d'artiste et de mère, Axelle Red a pointé toute une série de terrains où agir pour l'enfance laotienne... `Je me suis rendu compte qu'en fait, les enfants n'étaient pas bien nourris. Je pensais qu'il y avait du riz en abondance, alors que ce n'est pas le cas. Je me suis aperçu aussi que, dans les villages, il y avait des adultes et de petits enfants, mais que les adolescents désertaient souvent les lieux. Où qu'on soit au Laos, on n'est jamais loin de la frontière thaïlandaise. Pour eux, la tentation de quitter le pays est grande: on leur promet un travail dans une usine et ils sont embarqués dans des réseaux de prostitution, puis reviennent avec le sida... Le gouvernement parle beaucoup de la manière de soigner ces jeunes. Il serait aussi opportun d'enrayer le processus!´

Autre problématique: les enfants des minorités ethniques, vivant dans des régions reculées, sont privés de soins de santé. `Certains villages sont complètement inaccessibles. Il leur faut une semaine de marche, sous la pluie pendant la mousson, pour rejoindre un endroit où recevoir des médicaments. Moi, si j'habitais là, je ne vivrais plus aujourd'hui, et ma fille non plus. Car pour mon accouchement, j'ai eu besoin d'une césarienne. Une chose impossible quand on est isolé de tout. D'où l'importance de créer de nouveaux dispensaires.´

Et puis, le sol du Laos conserve encore les stigmates de la guerre du Vietnam. On parle de deux cents ans nécessaires pour assainir un territoire qui arrache jambes et vie aux marcheurs imprudents `Je suis devenue une experte en bombes Il ne s'agit pas de mines antipersonnel, mais d'explosifs largués par les Américains. Avant de rentrer à leur base, les avions devaient vider leur cargaison d'explosifs. Cela se faisait souvent au-dessus du Laos voisin. Nous sommes allés en Jeep dans cette région, où il n'est pas question de s'éloigner de la route pour cueillir une fleur...´

Infos: 02/230.59.70; www.unicef.be/laos.