Bastian Baker: "J'ai un peu peur du couple"

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Bastian Baker: "J'ai un peu peur du couple"
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La jeune star suisse sera au festival Scène sur Sambre ce samedi, avant un 3e album et un duo belge. Interview confessions.

« Je pourrais donner des cours de le domaine du barge, sourit Bastian Baker, à l’affiche du festival Scène sur Sambre (du 28 au 30 août) dont le surnom n’est autre que le festival des barges. Il n’y a pas de miracle, ce festival a été créé pour moi. Je suis un vrai barge dans ma tête (sourires)! J’ai une super équipe, on est des bons vivants, pour un festival (Ndlr. il y a déjà joué en 2013) où les gens prennent vraiment plaisir à faire la fête avec nous! » Situé à l’Abbaye d’Aulne à Thuin, la particularité du festival Scène sur Sambre est, comme son nom l’indique, d’avoir sa scène sur la rivière de la Sambre. Les artistes qui s’y produisent n’ont donc pas peur de se mouiller. La preuve avec l’ex-coach de The Voice Belgique, propulsé au rang de star avec son tube Lucky, qui jouera juste avant un certain… Sean Paul! «J’ai vraiment été surpris car ce n’est du tout moi mais les festivals sont faits pour ça aussi, se rassure celui qui se prédestinait à une carrière dans le hockey sur glace. En même temps, ce sera l’occasion de le voir car je ne l’ai jamais vu en live alors que je l’écoutais en boucle petit. Encore une expérience surprenante! » Le chanteur acoustiquement romantique revenant du Brésil et du Japon -le célèbre festival Summer Sonic où l’amoureux des langues a pu perfectionner son japonais- avant de partir sur New York enregistrer son troisième album (sortie prévue pour novembre en Suisse et début 2016 en Belgique) à seulement 24 ans.

A quoi s’attendre pour ce nouvel album ?

On mixe avec Mark Plati, le guitariste de David Bowie. Au delà du nom, ce mec gère vraiment bien les niveaux de sons. Et heureusement, car la couleur de ce disque sera plus folk que tout ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. J’ai rajouté des éléments que je n’avais jamais utilisé auparavant comme de l’harmonica, du banjo, des cuivres et de la gratte assez lourde. C’est vraiment très folk et avec des textes hyper importants pour moi. A tel point que j’ai écris un descriptif de la genèse de chaque chanson car j’avais envie de donner un contenu complet aux gens.

Enregistré à New York, l’album sera donc en anglais?

Dans son intégralité. C’est ce qui me correspond le mieux. Everything We Do, mon premier single déjà sorti en Suisse, j’ai écrit le couplet à Berlin, le pré-refrain à Toronto et le refrain à Los Angeles. Il a donc un vrai bagage derrière lui, fait de rencontres marquantes. Je m’engage aussi. Je parle pas mal de religion, par exemple, car j’ai été fort touché par ce qui s’est passé avec Charlie Hebdo. Le titre Charlie from Sydney parlera de ces deux attentas. J’avais envie de mettre mon avis sur cet événement tragique.

Everything We Do est un morceau co-écrit avec BJ Scott, d’autres collaborations « belges » sont à prévoir?

Oui, sur le dernier titre de l’album. Une chanson écrite pendant The Voice Belgique d’ailleurs. Elle parle de religion et de notre relation au temps. Je ne peux pas encore vous dévoiler le nom pour l’instant, même si c’est un duo qui fera plaisir à la Belgique (sourires)!

Cette Belgique semble vous coller à la peau…

Je l’adore. Depuis notre premier concert à l’Orangerie du Botanique, ce fut le coup de foudre, on n’a pas compris ce qui nous arrivait. Le public était tel qu’on a du rallonger notre set. The Voice fut aussi une incroyable expérience. J’aime la télé belge, votre côté détaché, votre humour et vos très bons talents. Ce n’est pas pour rien si Alice on the roof ou Loic Nottet cartonnent en ce moment. Et ce n’est pas anodin non plus si je travaille beaucoup avec vos artistes. Il y a du gros niveau.

Le côté beau bosse à la « Justin Bieber suisse » a du également jouer en votre faveur, non?

(Sourire) Ma gueule, je l’ai, donc à part dire merci maman… Mais est-ce que chanter avec un masque serait-il différent? Bien qu’il m’arrive parfois de mettre un masque de cheval pour sortir! Mais chuuut, faut pas le dire sinon après, on saura que c’est moi (rires)! Tout ça pour dire que si certaines personnes n’aiment pas ma musique, je sais très bien que je ne leur ferai jamais changé d’avis.

Malgré vos chansons aux textes profonds et à consonances romantiques?

De prime abord, les gens ne font pas attention aux textes. C’est pourquoi j’ai réalisé cet explicatif de chaque titre dans l’album, afin de guider mes auditeurs. Puis, je n’ai pas l’impression de parler autant d’amour. Déjà parce que je ne le connais pas sous sa forme classique. Mais, par contre, je parle énormément de relations, aux autres pays, aux filles et à la famille. Je décortique tout cela, parfois de façon romantique mais sans être un torturé pour autant. J’ai ma vision à moi de l’amour car je n’ai pas vécu de longues relations qui m’ont déchiré au point de composer trois albums sur le sujet.

Bastian Baker, célibataire, et fier de l’être alors?

Evidemment. Même si ma femme idéale, je la construis un peu tous les jours. Mais je n’exclus personne, il suffit d’un regard, d’une étincelle, d’un feeling. J’ai simplement un peu peur du couple, je ne m’en cache pas du tout. Dans ma tête, aujourd’hui, le couple est plus une barrière qu’une liberté. Mais je respecte chacun, chaque mentalité et manière de faire. Ce n’est juste pas mon truc, j’en fais un blocage car j’ai l’impression de rater quelque chose si je me mets en couple. C’est exactement ce sentiment, avec les différents points de vue sur la rupture ou perception au sein du couple, que je décortique dans trois nouvelles chansons. Un album très personnel donc, mais qui permettra de mieux me comprendre moi-même tout comme, je l’espère, mon public.

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