Musique

Benjamin Biolay en futur mari angoissé dans Pourquoi tu pleures ?

Depuis le carton du magnifique album La Superbe , Benjamin Biolay a enchaîné une tournée mais aussi le tournage de Pourquoi tu pleures ? S’il avait déjà fait ses gammes au cinéma, il y joue aujourd’hui une partition complète. Dans le rôle d’Arnaud, paumé à quelques jours de ses noces, il joue avec justesse et talent. De quoi faire pâlir de jalousie des acteurs pure souche 

Vous êtes de toutes les scènes, ou presque. Avez-vous accepté tout de suite ce projet ?

“J’avais déjà travaillé avec Katia et nous nous étions régalés. Quand j’ai lu le scénario, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais de toutes les scènes car on ne sait jamais comment cela va être filmé.”

C’était éprouvant ?

“Les horaires l’étaient. Je revenais d’une tournée musicale très longue donc je commençais à être en forme vers 17 h, comme tous les musiciens qui sont en tournée. Là, je devais être prêt tous les matins à 7 h 30. Mais le plaisir a largement pris le pas.”

Le film est un peu un remède contre le mariage, une institution en crise. Vous apportez votre pierre à l’édifice !

“Bien malgré moi car j’ai adoré me marier. Personne ne m’y a forcé.”

L’enterrement de vie de garçon de votre personnage va faire peur aux futures mariées…

“Je connais des filles qui ont eu des enterrements qui ont aussi très très mal tourné.”

Avez-vous la larme facile ?

“En général, c’est la fatigue qui me fait pleurer. En tant que spectateur, je peux aussi pleurer. Je ne suis pas quelqu’un qui sanglote, je suis ému.”

Dans le film, il est souvent répété “ça porte malheur”. Êtes-vous superstitieux ?

“Relativement mais pas fétichiste. Je n’ai pas d’objet fétiche, de processus ou de rituel. Mais passer sous une échelle, j’évite parfois. Ce sont des trucs tout simples.”

C’est plus confortable d’être acteur et de se laisser guider plutôt que chanteur ?

“Bien sûr, il est plus simple de se laisser guider. Je suis à des années- lumière de la musique, où il y a un plaisir plus immédiat. Un album, c’est trois mois de ma vie dans un studio à Ixelles. Ce n’est pas un processus très rigolo. On est content à la fin, c’est gratifiant mais on s’use très vite. Il n’y a pas ce plaisir de faire plaisir à quelqu’un dans l’immédiat. Si cela plaît au metteur en scène, c’est génial. Alors qu’en musique, il faut parfois attendre plus d’un an pour voir si l’album plaît ou non.”

Êtes-vous plus stressé avant la sortie d’un film ou d’un album ?

“Je ne suis pas un grand stressé par ces choses-là.”

Votre femme dans le film s’appelle Anna. Ce prénom a-t-il été imposé par votre tatouage sur le bras, étant aussi le prénom de votre fille ?

“Je pense que c’est le hasard ! Katia et moi, nous n’avons jamais eu de relation donc elle ne m’avait jamais vu torse nu ! Le tatouage tel qu’il est là, il n’y a que des gens qui me sont intimes qui peuvent le voir. Je lui ai dit car je pensais que c’était peut-être peu crédible qu’il se soit fait tatouer le prénom de sa copine. Katia a finalement trouvé ça chouette.”

Comment se sont passées les scènes de baisers ?

“C’est à la limite plus rigolo de tourner une scène de cul, comme celle avec Valérie dans l’eau, que les trucs plus sensuels, plus ambigus. À la limite, un faux coït, c’est comme une fausse bagarre : il n’y a aucun affect. Il faut bien connaître sa partenaire.”

Et la scène de la gifle avec Nicole Garcia ?

“Ce sont comme les scènes d’amour : cela crée des liens très forts ! Personne n’aime frapper quelqu’un. Vu l’angle de la caméra, il fallait une vraie claque. On a fait pas mal de prises et j’ai même demandé à Nicole de ne pas me la mettre après chaque réplique pour que j’aie encore cet effet de surprise.”

Comme Arnaud, êtes-vous quelqu’un d’indécis ?

“Je ne le suis pas du tout ! Comme lui, je prends parfois un peu de hauteur. Mais je ne suis pas indécis. Par contre, je suis plus fataliste.”



© La Dernière Heure 2011