Le leader de Kyo a formé un nouveau groupe avec des musiciens issus de la scène française rock

BRUXELLES Ce jour-là fut une journée où les choses ne s'enchaînaient vraiment pas comme il fallait. Encore un peu, du coup, et on les ratait... Notre rencontre avec trois des cinq membres du groupe Empyr s'est déroulée in extremis, dans la voiture qui les ramenait à la gare du Midi. Et heureusement qu'on les a vus ! Parce qu'ils en avaient des choses à dire. Empyr, ça ne vous dit aujourd'hui peut-être pas encore grand-chose, mais on parie que si on vous dit que ce nouveau groupe français est formé par Benoît Poher (ex-chanteur des Kyo), Benoît Julliard (ex-Pleymo), Florian Dubos (ex-Kyo), Frédéric Duquesne (ex-Watcha) et Jocelyn Moze (ex-Vegastar), vos yeux s'illuminent... Rencontre avec un nouveau collectif qui a déjà une belle histoire et dont l'avenir s'annonce prometteur.

Comment Empyr a-t-il vu le jour ?

Benoît Poher : "Ça fait presque 10 ans qu'on se connaît. On se connaît grâce à nos groupes respectifs précédents. À force de se côtoyer, il y a des affinités qui se créent et on est devenus vraiment très potes. Même avant de concevoir Empyr comme un projet musical, on traînait déjà ensemble. Au début, on a formé le groupe pour faire de la musique et se marrer entre copains. Mais plus le projet avançait, plus on se rendait compte qu'il y avait un vrai truc à exploiter. À la première répèt, il y a un an et demi, on n'avait pas l'impression que c'était un groupe qui venait de se créer. Et on s'est dit qu'on ferait bien un album."

L'anglais était une évidence ?

Jocelyn : "Oui. Artistiquement, on trouvait que c'est une langue qui se prête bien à la musique qu'on fait. Et puis, c'est notre culture : tous les groupes qu'on écoute en l'occurrence sont anglo-saxons pour la grande majorité. Il y avait aussi le désir de pouvoir passer des frontières, d'être confrontés à de nouveaux publics."

Vous avez tous quitté vos groupes de base. Ce sont des séparations temporaires ?

Jocelyn : "Pour moi avec Vegastar, c'est définitif."

Benoît Poher : "Il n'y a pas de date de reprise, mais il n'y a pas de date de décès non plus !"

Si vous avez arrêté, c'est parce qu'il manquait quelque chose ?

Benoît Julliard : "Oui. Mais ce n'était pas simplement nous, c'était en général au sein des formations."

Benoît Poher : "Avec Kyo, j'avais l'impression qu'on avait fait le tour d'un truc. Et jouer avec d'autres musiciens, ça apporte forcément d'autres choses. Je suis très content et très fier de l'album qu'on a fait avec Empyr. J'en avais besoin."

Le succès de Kyo devenait étouffant ?

Benoît Poher : "Oui, je le gérais tant bien que mal. Ce n'était pas facile pour moi. Il y a des gens qui s'en sortent beau coup mieux... À la fois, je dis ça, mais avec Empyr, on sort dans une dizaine de pays et j'espère que ça va marcher. Je vais me confronter, si ça se déroule comme on le souhaite, au même problème. Mais maintenant, j'ai mûri, je suis un homme (il rigole), je suis à même d'affronter les problèmes terribles du succès. (Silence) C'est plus l'étiquette qui m'a saoulé, en fait... L'étiquette du public jeune, féminin, ce qui était clairement le cas."

Jocelyn : "Le public qui n'y connaît rien à la musique en gros. Ils ne sont carrément pas là pour la musique. En tant qu'artistes, c'est difficile parfois..."

Benoît Poher : "En fait, les médias ça peut être dangereux dans le sens où ils nous ont aussi catalogués et nous mettaient en scène comme ça. Et du coup, certaines personnes se disaient : ce n'est pas pour moi, sans même écouter la musique. Mais bon, on faisait une musique facile d'accès aussi..."

Empyr, Peaceful Riot (SONYBMG). En concert au VK (76, rue de l'École, à 1080 Bruxelles) le 31 mai et au festival de Dour en juillet. On en reparlera...



© La Dernière Heure 2008