"Black is King est la célébration de la beauté, des traditions et de l’excellence noire, indique Disney +, qui diffuse le film musical de Beyoncé depuis ce vendredi 31 juillet. Le film réinvente les enseignements du Roi Lion pour les jeunes rois et reines d’aujourd’hui à la recherche de leurs propres couronnes." C’est-à-dire les Afro-Américains à la recherche de leurs propres racines africaines.

Imaginé comme un album visuel qui accompagne The Lion King : The gift (son dernier album sorti en 2019 et inspiré du film Le Roi Lion tourné en prises de vues réelles et dans lequel elle prêtait sa voix à Nala), Black is King est encensé pour son esthétique léchée et à couper le souffle. Tout comme son casting 5 étoiles avec son mari Jay-Z, sa fille Blue Ivy Carter, Pharell Williams, Lupita Nyong’o ou encore Naomi Campbell et son ex-acolyte des Destiny’s Child Kelly Rowland. Mais il est aussi critiqué pour sa vision distanciée de l’Afrique. En effet, si le long-métrage écrit et réalisé par la chanteuse raconte un joli conte initiatique - sur l’émancipation et la résilience noire - d’un jeune garçon black nommé Simba (on y entend même parfois les répliques cultes du Roi Lion en fond sonore, même le célèbre Hakuna Matata), les internautes parlent de "wakandafication".

Un film à l’accent belge

Un terme qui fait directement référence à Wakanda, un royaume imaginaire situé en Afrique où se déroule l’intrigue du film mais aussi et surtout la fameuse bande dessinée Black Panther. Certains fans de l’interprète de "Black Parade" (sa récente chanson pour célébrer l’anniversaire de la fin de l’esclavagisme) l’accusent de s’y livrer à une vision déformée de l’Afrique. Sans oublier les amalgames faciles ("Laissez le noir être synonyme de gloire") qui résonnent encore plus en cette période de mouvement Black Lives Matter suite à la mort de George Floyd. "Quelqu’un peut-il dire à Beyoncé que l’Afrique n’a pas qu’une culture et que nous sommes des gens normaux ?", a notamment tweeté le Nigérian Kaye Vuitton. "Il y a des choses plus urgentes à faire que de se fâcher contre une femme afro-américaine qui utilise ses moyens pour interroger, explorer et interpréter artistiquement une façon de combler les manques de son identité", a ensuite écrit Timeka Smith, activiste pour l’égalité raciale, dans The Independent.

Quant à Beyoncé, qui a coréalisé son film avec le Bruxellois Pierre Debuscchere (certaines scènes ont donc été tournées en Belgique), elle a dédié son clip vidéo géant de 85 minutes à son fils Sir mais aussi "à tous nos fils et filles, le Soleil et la Lune s’inclinent devant vous. Vous êtes les clés du royaume".