Musique

A mi chemin entre un meeting politique féministe et une cérémonie sexy glam, Queen B n'a pas usurpé son titre lors de sa Formation World Tour, de passage ce dimanche soir à Bruxelles

"I slay!" crient en choeur les 49.000 personnes du stade du Heysel, dès son entrée en scène détonante dans un cube rotatif qui fera office d'écran géant durant tout le spectacle. "Plus queen que ça, tu meurs" lance un fan. A peine 15 minutes de retard et Queen B -micro en or- orchestre un show à l'américaine comme nulle part ailleurs.

Avec Beyoncé-clate

Deux heures de show énergique où elle a mis le feu avec ses chorégraphies guerrières, ses danseuses voltigeuses et son pool dance encastré dans ce fameux cube. Plus visuel que sonore (certains dans la fosse se plaignant des échos), son concert faisait la part belle à son 6e et dernier album Lemonade mais aussi à ses tubes -bien que souvent raccourcis- à gogo (Crazy in Love, Naughty Girl, Baby Boy, Run The World, Don't Hurt Yourself, etc.) Même sans un Single Ladies ou Say My Name, Beyoncé semble rester la reine incontestable et incontesté aux yeux de ses fans. "C'était trop bien", n'en revient toujours pas une fan -celle là même qui brandissait, comme beaucoup d'autres, un panneau avec Queen Bee illustré avec une abeille- à la sortie du stade. "Je suis super excitée, je ne vais pas en dormir de la nuit!"

De Formation à déformation professionnelle

"Quand la vie te donne des citrons, fais-en de la limonade!" La chanteuse de 34 ans a repris l'adage à son compte. D'où un disque et donc un show féministe et engagé comme jamais. Non seulement Beyoncé est sexy (mais jamais vulgaire) dans ses tenues affriolantes et ses déhanchés du fessier mais en plus elle réussi à faire d'un show hyper rodé, quelque chose qui semble naturel. Mention spéciale à son instant émotion avec un Love on top et Irreplaceable a capella. Entre un hommage à Prince sur Purple rain, aux Destiny's Child sur Survivor ou encore au mouvement noir américain des Black Panther sur Formation, son show en six actes -entrecoupés d'images d'elle ou de sa famille et son mariage- confirme bien qu'elle est la reine. Et on ne dit pas cela uniquement parce que la détentrice de 20 Grammy Awards est arrivée au milieu du concert sur un trône mais bien parce qu'elle domine son sujet. Pour preuve, l'apothéose de la soirée: ce grand final sur Freedom, titre emblématique de son dernier album, qu'elle chante... dans une marre d'eau!

Mais bon avec Bee, on sait... qu'elle se mouille et crée à chaque fois l'événement. Et dans tous les sens du terme car la star américaine est la seule à avoir su rassembler autant de monde dans le contexte terroriste actuel.