Pendant que Gérald Genty tentait de battre un record du monde (36 concerts en 12 heures), l’Urban Night faisait rapper la place des palais de Bruxelles.

Entre le flow de BigFlo et Oli et le retour de Disiz (sans la Peste), Black M a mis le spectateur en Fire comme il le chante si bien sur Mme Pavoshko durant la soirée spéciale Urban Night, ce mercredi soir, au Brussel Summer Festival. Avec ses musiciens (dont Dj Hcue), voltigeurs et danseuses, le rappeur français a retourné une place des palais noire de monde avec ses potos du label Wati B. Bras levé et sautillant, le public bruxellois s’en est donné à coeur joie Sur sa route mais aussi sur On s’fait du mal, C’est tout moi ou Je garde le sourire

Le jeune homme de 30 ans, entouré d’un public -essentiellement composé d’adolescents ou de jeunes enfants dansant sur les épaules de leurs parents- en a aussi profité pour rendre hommage à Lauren Hill and The Fugees (Ooh la la la) et surtout à ceux avec qui il foulait la même scène il y a deux ans, Sexion D’Assaut. Black M a ainsi Baladé ses troupes -en invitant quelques fans sur scène et terminant torse poil- sur le Pavéééé du palais royal. Il faut dire que, selon La Légende Black, le chanteur -coiffé d’une casquette et d’un micro or- a « les yeux plus gros que ce monde! » Certifié disque de diamant, son premier album solo a en effet été écoulé à plus de 500 000 exemplaires et réédité alors sous le nom de Le Monde plus gros que les yeux. Du rap léger et familial pour un BSF aux anges quand ce même Black M esquisse un nouveau morceau annonçant un deuxième album pour très bientôt.

Du rap au balcon (royal)

Une soirée digne du surréalisme à la belge puisque les artistes de la scène de la place des palais y poussent la chansonnette sous les fenêtres du bureau du roi Philippe. Et ce ne sont pas les frangins toulousains qui diront le contraire. «Ce concert est royal ! crient BigFlo et Oli qui, avec leurs tubes Nous aussi ou Comme d’hab, ont officiellement ouvert cette scène principale de la 14e édition du BSF. Lève ta main en l’air pour B, X, L! Même le roi ! ». Entre leur flow délié (« J’ai raté ma vie à cause de GTA ») et hip hop conscient (« Chez Universal, on se frotte les mains»), les jeunes rappeurs d’à peine 20 ans réalisent un rap positif (« J’ai été en prison mais que au Monopoly ») en dégainant des sourires, en invitant le rappeur belge James Deano, en improvisant un flow sur un fan ou encore en rappant sur le Manneken Pis. Une vraie claque scénique pour un rap de foule qui défoule.

Quant au come-back scénique de Disiz, il sonnait comme un retour en adolescence pour beaucoup. L’interprète de J’pète les plombs n’a rien perdu de sa verve. « Je suis le champion de la good vibe, chante-il ironiquement. Du haut de ses 37 ans, le rappeur français a répandu une nostalgie positive, sous un joli coucher de soleil, au sein de son public bruxellois. Quel bonheur de réentendre les flows de l’Inspecteur Disiz pour qui « le rap a prit la place d'la politique, Joeystarr vient d’être élu président d’la république! » On dit que le rap c’était mieux avant? Lui dit que « c’est mieux tout court! » Avec son français parfois approximatif (« Si tu sais pas parler français, faut que tu sais danser ») mais tellement jouissif (« Qui a volé ma chicha? »; « Bonjour à Mc Morning » ou « Et mon cul, c’est du KFC ») qu’il ose même demander à l’assemblée s’il y a des kamikazes à Bruxelles et de les faire « sauter » ensuite. Pour une place des palais qui pogote comme un seul homme avec ces gamins qui apprennent aux plus âgés comment se déhancher sur du rap… Inoubliable!