Leur premier album était plus qu’attendu. Depuis 2016, Blackpink ne cesse de grandir sur la scène musicale. Au point de devenir aujourd’hui, l’un des plus grands groupes au monde de ces dernières années. On les décrit souvent à tort comme les "BTS au féminin". Les deux groupes n’ont pas grand-chose en commun, excepté le fait d’être un groupe, de venir de Corée du Sud et de connaître le succès. La formation Blackpink est une immense machine à elle toute seule, pas besoin de comparaison pour les légitimer.

Cette machine vient donc de dévoiler son premier opus, The Album, qui a débuté en deuxième place du Billboard. Après autant de temps d’attente, il faudra se contenter de huit titres et de 24 minutes. Cette longueur fonctionne plutôt à leur avantage, chacun des titres est en effet un tube en puissance. C’est d’ailleurs déjà le cas pour "Ice Cream" et "How You Like That" qui détient le record de la vidéo la plus vue en 24h sur YouTube. Pour éviter la saturation, la consommation doit être rapide.

La conquête de l’Occident

Les quatre chanteuses alternent entre l’anglais et le coréen, la pop, le rock, le rap et l’électro. Un croisement des genres redoutablement efficace. L’ambition du disque est clairement affichée : conquérir toujours plus le marché occidental. Cela passe notamment par des featurings avec des artistes américaines comme Selena Gomez et Cardi B, la participation de David Guetta sur "Lovesick Girls" et la venue des gros producteurs comme Ryan Tedder (U2, Adele, Beyoncé, Lady Gaga) ou Melanie Fontana (Sia, Dua Lipa, Justin Bieber).


Une forme d’américanisation dans les sonorités qui plaira sans doute au plus grand nombre mais qui décevra peut-être les fans de leurs premières chansons comme "Whistle" ou "Boombayah" où l’on pouvait davantage discerner leur patte et leur style. Côté marketing, là aussi, Blackpink a su s’imposer. Pendant que Rosé devient égérie de Saint Laurent, Jennie est ambassadrice Chanel, Jisoo, elle, travaille avec Dior tandis que Lisa collabore avec Mac Cosmetics et Céline. On les retrouve sur les couvertures de tous les plus grands magazines, de Elle à Rolling Stone.

Pas le droit à l’erreur

Un parcours exceptionnel pour ces artistes d’une vingtaine d’années qui est retracé dans un documentaire disponible sur Netflix. Un film qui nous plonge dans les coulisses des studios, au cœur des répétitions et dans leur intimité. Les Sud-Coréennes Jennie et Jisso, la Néo-Zélandaise Rosé et la Thaïlandaise Lisa se racontent comme rarement. Le film est une excellente introduction au monde de la K-pop et de ses codes, pour ceux qui s'y perdent dans ce phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur.


Les quatre chanteuses n’hésitent pas à partager leurs doutes, à pointer du doigt le fait qu’elles restent des filles normales et à mettre en avant leur complicité. On en apprend également plus sur le fonctionnement YG Entertainement, leur label et créateur de talents. Avant de devenir Blackpink, elles ont dû passer des auditions et s’entraîner pendant des années, quatorze heures par jour, sept jours sur sept.

Une expérience qui leur reste encore parfois au travers de la gorge, tellement la pression et l’exigence étaient fortes. Encore aujourd’hui, leur équipe reste très présente et leur demande le maximum constamment. Alors qu’elles répètent pour leur prochaine scène, on voit leur manager leur demander de mieux danser alors que le quatuor donne déjà tout ce qu’il a, épuisé par les dizaines de dates de leur tournée internationale. Cette crise sanitaire aura au moins permis à Blackpink de se reposer quelque temps, après tant d’années de dur labeur.