Le groupe américain fera escale au stade Roi Baudouin le 14 juin

Envoyé spécialen allemagnebasile vellut

MUNICH Le vieux stade olympique de Munich (où ont eu lieu les JO de 1972 et où jouait le Bayern avant son déménagement) en tremble encore sur ses fondations. Samedi soir, dans une enceinte qui affichait presque sold out - soit 60.000 personnes -, Bon Jovi a réussi à faire chavirer les coeurs pendant plus de deux heures. Et, soit le public allemand est particulièrement fervent, soit la sauce a magnifiquement pris, il y eut une véritable communion entre le quatuor américain et la foule venue en masse pour voir ses héros.

Après l'intro plus que classique pour cette tournée - la bien nommée Lost Highway , nom du dernier album et de la tournée -, il n'a pas fallu attendre longtemps, soit Born to be My Baby , pour voir l'ensemble des gradins lever les bras et les agiter en rythme. You Give Love a Bad Name, le troisième titre entonné, ne pouvait que conforter cette impression. Repris en choeur par la quasi totalité de l'audience, il annonçait la couleur : Bon Jovi n'a pas besoin de round d'observation pour toucher directement son public, pour le prendre aux tripes et ne plus le lâcher.

Et c'est peut-être ça le plus étonnant, pendant quasiment deux heures et demi de concert, après une première partie assumée par Gianni Nannini et les longues heures d'attente sous un soleil généreux, les fans de Bon Jovi n'ont pas arrêté de montrer leur ferveur, de saluer leurs vieillissants héros (ils sont quand même sur la route depuis près de 25 ans), ces chantres du hard rock FM comme les ont catalogués leurs détracteurs.

Sur scène, des moyens normaux ont été déployés : un light show correct et six écrans géants dans le dos du groupe. Six écrans qui montent ou qui descendent pour former des figures avec la captation live. Raise Your Hands, Just Older, Captain Crash & the Beauty Queen from Mars où John Bon Jovi et Richie Sambora sembleront parfaitement complices, ne pourront que conforter cette impression : le public allemand est sous le charme et il sera difficile de briser le sortilège. La longue déclamation du chanteur qui rappelle qu'il est sur la route depuis octobre, qu'il a passé Noël à l'étranger mais que son plus beau cadeau est d'être là à Munich où il se sent chez lui, ne sonne pas creux à entendre la réaction du public. I'll Sleep when I'm Dead enchaîné avec Mercy et Start Me Up des Rolling Stones (Bon Jovi singera même dans les gestes Mick Jagger) ne préfigureront qu'à peine Always , ce slow qui verra surgir de partout des briquets, et fera même fondre le coeur de ces messieurs venus, parfois, assister au concert à la demande express de madame. Après Whole Lot of Leavin', In These Arms, Runaway, We Got It Goin'On et Hey God, It's My Life ou Faith qui ne feront en rien baisser l'intensité des débats, Richie Sambora entonnera seul I'll Be There for You pendant que le chanteur habituel ira se ressourcer en-dessous de la scène où, miracle des indiscrétions, une petite tente noire, une grande tasse de thé et la photo de Frank Sinatra qu'il traîne toujours avec lui, lui donneront courage et force pour revenir sur Blaze of Glory. "Est-ce que vous êtes avec moi ?" demandera encore une fois Bon Jovi, certain de son effet.

Pendant deux heures et demi, donc, le public ne le lâchera pas. Someday, I'll Be Saturday Night, Who Says You Can't Go Home, Have a Nice Day, Bad Medicine mixé avec Shout et Livin'on a Prayer qui verront les gagnants d'un concours monter sur scène pour accompagner leurs héros, mèneront au rappel et à l'opportuniste I Love his Town. Twist & Shout, Wanted Dead or Alive et l'imprévu - si l'on tient compte de la set-list en tout cas - Blood on Blood clôtureront le spectacle.

Près de trente chansons : Bon Jovi ne lésine pas en matière de générosité. Serez-vous avec lui au stade Roi Baudouin le 14 juin ? Il reste des places pour un show qui n'affichera plus que certainement pas complet...



© La Dernière Heure 2008