Serge Gainsbourg est toujours présent dans la vie de Vanessa Paradis

MADRID M, Alain Bashung, Lenny Kravitz, Johnny Depp, Jeanne Moreau, Delon et surtout Serge Gainsbourg… Vanessa revient sur les rencontres qui l’ont marquée.

Vous avez réalisé plusieurs dessins pour le livret de l’album et c’est Johnny Depp qui a pris la photo de couverture…
(Rires) "Dessiner est un grand mot! Un gosse de quatre ans aurait mieux fait que moi. Bliss est comme un cadeau que l’on offre. J’en étais tellement fière que je voulais aussi réaliser l’emballage. Johnny a effectivement pris la photo qui illustre la cover. Il s’est ensuite amusé sur son ordinateur pour la retravailler.

Il joue aussi de la guitare sur Bliss.
"Ce n’était pas prévu au départ. Pour le morceau Bliss, il est venu à mon secours car je n’arrivais pas au bout. Nous avons terminé cette chanson ensemble. Pour Saint-Germain, chanson qui parle de notre fille, il a pris sa guitare de manière très spontanée. Pour m’aider. Par amour. Tout simplement…'

Comment s’est déroulée la rencontre avec Mathieu Chédid, alias M?
"J’avais adoré son premier album, Le baptême. Je l’ai appelé et lui ai demandé de travailler avec moi. On s’est tout de suite bien entendu. C’est quelqu’un de très simple et de très talentueux. Soit les deux qualités essentielles pour une collaboration.

Abordez-vous de la même manière un duo avec Iggy Pop, comme ce fut le cas pour Canal +, et une scène avec un monument du cinéma comme Alain Delon?
"Il s’agit à chaque fois d’expériences différentes. La petite boule dans le ventre, je la ressens avant, lorsqu’on me parle du projet. Sur le moment même, c’est du plaisir. Que ce soit avec Iggy, Delon ou Jeanne Moreau, on partage quelque chose."

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marquée?
"Serge Gainsbourg, bien sûr. Ce fut le bonheur total d’enregistrer un album avec lui. Il est toujours présent aujourd’hui. Pas seulement musicalement mais aussi dans ma vie de tous les jours. Vous savez, quand j’ai écrit ce disque, j’avais toujours un recueil de ses chansons avec moi. Je m’y accrochais comme à une bouée. Lorsque je sentais que je risquais de me noyer, j’allais me réfugier dans ses textes. Les gens ne retiennent souvent que le côté provoc’ de Serge. Pour l’avoir côtoyé, je peux vous dire qu’il était d’une grande classe, avec ce mélange unique de tendresse et de politesse. En studio, je le trouvais tellement mignon que j’avais envie de le serrer dans mes bras. Oui, comme un petit garçon… Je ne l’ai pas fait car j’étais trop gênée. Aujourd’hui, je le regrette."

Pensez-vous avoir un don?
(Rires) "J’espère quand même avoir un petit quelque chose, mais certainement pas assez que pour me reposer sur mes lauriers. Je dois travailler. Lorsqu’on a la chance, comme moi, de pouvoir collaborer avec des gens talentueux, on se surpasse toujours. Ça relève le niveau. Ça vous fait progresser."

Vous remontez sur scène en mars prochain. Vous y pensez déjà?
"Pas encore au point d’éprouver le trac. Je dois rassembler les musiciens et travailler sur des nouveaux arrangements. Il me faudra replonger dans mes trois premiers disques, ce que je n’ai plus osé faire depuis longtemps."