Placebo s'est produit au Sportpaleis mardi soir

ANVERS Brian Molko n'a pas encore besoin des effets de Mariah Carey ou de Beyonce qui changent extrêmement souvent de tenues pendant un concert (pour faire diversion ?) mais, mardi soir au Sportpaleis, le chanteur anglo-luxembourgeois a dû prématurément rejoindre les coulisses pour enfiler un nouveau pantalon, élégamment déchiré à l'entrejambe lors d'un stage-diving exécuté sur Drag . "Cela apprendra à ceux qui n'en ont pas l'habitude de se jeter dans la foule au milieu de 14.000 personnes. J'ai failli concurrencer Janet Jackson."

Si celui qui joue sur son côté androgyne ("Bonjour mesdames et messieurs, nous sommes les mesdames et messieurs de Placebo" pour lancer Drag , justement) ne manque pas d'humour et aura caché ce sein que les Américains n'auraient su voir, il s'est évité d'exécuter le reste de son set (il n'en était qu'à la 4e chanson) en pouvant dévoiler à tout moment la partie la plus charnue de son anatomie. Et du reste, on n'était pas là pour ça, même si quelques jeunes demoiselles (et jeunes hommes aussi, bien sûr) en furie ont dû fantasmer pendant le reste de la nuit. Mais Brian Molko, Stefan Olsdal, Steve Hewitt et les deux traditionnels musiciens additionnels (Billie Loyd et Axel Lee claviers et guitare chacun) n'étaient pas venus pour ça. En entrant dans le vif du sujet d'emblée, Placebo ne se ménage pas de round d'observation. Infra-red, Meds, Because I Want You et Drag avant la pause forcée démontraient que le quintet n'était pas usé par les mois passés sur la route. Avec onze écrans qui alternaient des prises live, des séquences filmées d'immeubles, de bébés, de bouteilles sur l'eau,... et des images animées, Brian Molko et Cie donnaient d'autres angles d'approche mais c'est surtout le son qui était prenant. Soulmates , qui suivait Space Monkey , voyait Placebo abandonner Meds , dernier-né (même si ça commence à dater) que le groupe défend toujours. Le groupe alternait alors les anciens et les nouveaux morceaux en exécutant Song To Say Goodbye, Follow The Cops Back Home avant d'entamer son répertoire plus classique où se mêlaient Every Me Every You, Special Needs, One of a Kind, Without You I'm Nothing, Bionic, Blind, Special K et Bitter End , ces deux derniers morceaux déclenchant les passions dans un Sportpaleis comble.

Avec le désormais classique Running Up That Hill de Kate Bush et Taste in Men exécutés pendant un rappel où les morceaux étaient tenus en haleine, joués couchés ou à genoux, long effet Larsen à l'appui, Placebo concluait avec le touchant Twenty Years . On les reverra certainement avant ce laps de temps...



© La Dernière Heure 2006