La star est passée par Gand samedi soir pour un show plus visuel que vocal

GAND Ce n'est pas parce qu'on est fan qu'on peut tout accepter. Britney Spears se fait attendre ce samedi 29 mai sur la scène du Flanders Expo de Gand. Les minutes filent lentement, très lentement, ce qui a le don d'agacer une bonne partie des 12.500 personnes qui ont squatté les moindres recoins de la salle pour ce concert unique. On s'impatiente et on siffle même abondamment entre 20 h 30 et 21 h 30. Diffusés sur l'écran géant, les spots de pub invitant les moins radins à envoyer un SMS (facturé à prix d'or) à la star n'y feront rien. Pas même la pub Pepsi qui prend forme dans une arène de gladiatrices.

Mais lorsque, derrière un large rideau, s'affairent les musiciens, fosse et gradins se disent qu'enfin le grand moment est arrivé. Un fantasque Monsieur Loyal vêtu de pourpre déboule pour confirmer la nouvelle. La blondinette est enfin prête à nous livrer Toxic, perchée sur une structure métallique.

Le latex noir va si bien à l'ex de Justin Timberlake, lequel doit certainement aujourd'hui s'en mordre les doigts. Reste qu'il y a sept mois, c'est lui qui la précédait sur ces mêmes planches pour offrir un spectacle de plus grande qualité.

Britney sait donner le ton mais pas la voix, qu'elle n'a pas. Pour le remix d 'Overprotected, c'est toujours une bande qui assure sa partie vocale. Heureusement que les musiciens se montrent moins malhonnêtes avec le public de la chanteuse qui préfère tout axer sur le visuel, le show, les chorégraphies, le suggéré et les décolletés. Pour sa tournée Onyx Hotel, sa garde-robe en regorge. Mais c'est toujours le même qu'on retrouve pour Boyz version Pharrell Williams. Une rythmique percutante à laquelle Britney Spears ne parvient pas à donner de la hauteur, si indispensable en concert.

Plus distrayant sera le medley Music-hall de One more time et Oops I did it again, retravaillés pour surprendre. Procédé utilisé à maintes reprises dans ses tournées par son mentor, Madonna, qui aimait à triturer ses plus grands succès pour leur apporter une fraîcheur de circonstance.

Tout comme la Reine de la Pop, Britney porte en permanence un microcasque qu'elle n'abandonnera qu'un temps afin de s'essayer au piano et au chant pour Everytime, le dernier simple de l'album In The Zone. Pas besoin d'en dire plus: n'est pas Alicia Keys qui veut!

Et encore moins une Beyonce. Ce n'est pas en la plagiant dans ses mouvements et dans ses sons qu'on parvient à faire la différence. Non: la Britney Spears qu'on aime, et surtout que les lolitas (accompagnées de leurs parents) des 100 premiers rangs aiment, c'est celle de Slave 4 U, le morceau qui lui a un temps donné une sacrée crédibilité artistique.

Encore une saynète inspirée de Madonna. Britney, en lingerie rose et fine, s'attarde sur le torse et les tablettes en chocolat d'un pauvre danseur à la coupe à damier qui zappait tranquillement en slip sur son lit à moitié défait. En prime, le veinard a droit à un baiser fougueux de la belle. Qu'en pense Jason Alexander, le mari éphémère?

Madonna, enfin, pour le dernier acte du récital. Sans surprise, Me againt the music fait mouche et semble déjà effacer des tablettes l'heure trente en demi-teinte occupée par Britney Spears. Elle n'a que 22 ans et tout le temps de se perfectionner.

© La Dernière Heure 2004